SMABTP se donne les moyens de séduire les actionnaires de la Tour Eiffel
La Société de la Tour Eiffel (STE) devrait bientôt rentrer dans le giron de SMABTP. L’assureur vient de relever son offre de 48 à 53 euros, valorisant la foncière 331 millions. Un prix qui semble satisfaire le marché, puisque le cours a clôturé hier à 52,80 euros (+1,54%).
Les analystes devraient probablement recommander d’apporter à l’offre, d’autant que Mark Inch, président du conseil d’administration a cédé en janvier des titres entre 51 et 51,5 euros. En outre, «ce prix représente une décote de 8% sur l’ANR de liquidation, inférieure à celle de la plupart des foncières de bureaux hors Paris QCA telles que Foncière de Paris (15% de décote) et Affine (48% de décote)», confie un analyste. Le conseil de STE doit se réunir dans les prochains jours et devrait vraisemblablement émettre une opinion positive au regard de son avis motivé du 20 février et de ses dernières déclarations.
SMABTP a aussi abaissé le seuil de réussite de 51% à 40%. «Une modification cohérente avec notre volonté de faire une offre neutre, explique Hubert Rodarie, directeur général délégué de SMABTP. Nous souhaitons prendre le contrôle de la société, mais compte tenu de l’opposition de Chuc Hoang, nous sommes contraints désormais de nous adresser en priorité aux autres 70% de minoritaires». Chuc Hoang s’est une nouvelle fois refusé à tout commentaire mais poursuit ses acquisitions sur le marché, détenant 29,54% du capital.
En revanche, SMABTP ne peut plus s’engager à garantir le statut SIIC de STE. «En raison du recours formé par Chuc Hoang, SMABTP doit immobiliser la totalité des actions qu’elle recevra dans le cadre de son offre afin d’être en mesure de les restituer en cas d’annulation de la décision de conformité de l’AMF par la cour d’appel de Paris, ajoute Hubert Rodarie. Nous ne pourrons pas donc reclasser ces titres au-delà du seuil de 60% comme nous l’anticipions auparavant».
Enfin, SMABTP se déclare prêt à souscrire une augmentation de capital pour un montant de 80 à 100 millions d’euros, notamment pour réduire son taux d’endettement (loan to value) autour de 30-35%, contre 47% fin 2013. «Cette levée de fonds serait adaptée au contexte immobilier toujours difficile et à celui de STE confrontée en plus au renouvellement de la moitié de ses baux dans les deux prochaines années. Elle permettrait de désendetter la société et de lui donner les moyens de reprendre son développement», conclut Hubert Rodarie.
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