Siemens mise sur l'électrification, l’automatisation et la numérisation

Dans le cadre de sa réorientation, le groupe rachète les turbines à gaz de Rolls-Royce et prépare la cotation de ses solutions auditives
Antoine Duroyon

Dans une série de communiqués publiés hier soir sur son site internet, Siemens a détaillé les grandes orientations de son «réalignement stratégique». Dans le cadre de ce plan baptisé «Vision 2020», le conglomérat allemand a identifié plusieurs gisements de croissance à long terme : l'électrification, l’automatisation et la numérisation. Pour les deux premiers, Siemens indique détenir déjà une position de leader sur de nombreux marchés.

Ces domaines «incluent les marchés pour les petites turbines à gaz et les turbines éoliennes offshore, qui bénéficient d’une demande croissante pour un approvisionnement en énergie durable et fiable», note Siemens. C’est d’ailleurs dans cette perspective que le groupe munichois a confirmé hier le rachat des turbines à gaz et compresseurs de Rolls-Royce pour 785 millions de livres (950 millions d’euros). En ce qui concerne la numérisation, reposant sur le concept de «digital factory», Siemens ambitionne de «fusionner les mondes réel et digital dans les domaines du design, de la production et des services».

Afin d'être en mesure d’exploiter ces opportunités, le groupe remanie ses structures opérationnelles. A compter du 1er octobre prochain, la segmentation par secteur disparaîtra et les activités seront réparties en neuf divisions, au lieu de seize actuellement. L’activité santé sera gérée de manière distincte, ce qui lui laissera une plus grande marge de manœuvre, tandis que les solutions auditives seront introduites en Bourse. «En raison de ses caractéristiques technologiques et d’une focalisation sur le marché des particuliers, l’activité offre un potentiel de synergies limitées avec les autres domaines d’expertise du groupe», reconnaît Siemens.

«Le regroupement des divisions et la suppression des secteurs réduiront la bureaucratie, diminueront les coûts et accélèreront le processus de prise de décision au sein du groupe», poursuit le conglomérat. Grâce également à une rationalisation des fonctions support, ces mesures doivent accroître la productivité d’un milliard d’euros par an, avec un plein effet à compter de la fin de l’exercice fiscal 2016. Par ailleurs, le groupe assigne aux neuf divisions, à partir de 2015, des objectifs de marge opérationnelle. Sur la question des suppressions de postes engendrées par cette réorganisation, le groupe n’a pas apporté d'éléments hier. Il tient ce matin une réunion avec la presse et les analystes.

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