SES-Imagotag veut «rétablir la vérité» après les attaques de Gotham City
SES-Imagotag a publié lundi un document détaillé dans lequel le spécialiste des étiquettes électroniques réfute chacune des allégations formulées à son encontre par les fonds activistes Gotham City Research et General Industrial Partners (GIP) et qui avaient provoqué vendredi une chute de plus de 50% de son action à la Bourse de Paris.
«Notre principal objectif aujourd’hui est de rétablir la vérité après les contre-vérités énoncées dans le rapport de Gotham City Research, un rapport truffé d’erreurs et de raisonnements tronqués», a expliqué le président directeur général de SES-imagotag, Thierry Gadou, lors d’un entretien accordé à l’agence Agefi-Dow Jones.
Ce document de 15 pages «apporte des réponses factuelles, précises et vérifiables qui mettent en lumière les erreurs contenues dans le rapport de Gotham City Research», a souligné la société.
Lundi, le titre SES-imagotag a rebondi de 15,8%, à 80,6 euros, soit environ la moitié de sa valeur avant la publication du rapport de Gotham City Research.
Erreurs et omissions
«Contrairement à ce qui est écrit dans ce rapport, la consolidation des revenus des filiales et de la société mère (oubliée dans le rapport de Gotham City), qui a une activité opérationnelle, nets des flux inter-compagnies, est bien égale au revenu consolidé du groupe», a précisé Thierry Gadou.
«L’accusation de double comptabilité est dénuée de fondements. Les ventes de composants au groupe chinois BOE Technology sont neutralisées et n’entrent donc pas dans le chiffre d’affaires du groupe. Ce mécanisme comptable est extrêmement classique. Seul le chiffre d’affaires généré par des clients externes est comptabilisé», a ajouté le PDG.
La société a également affirmé que la comptabilisation de ses investissements en R&D était conforme aux normes comptables IFRS. «Il n’y a pas de surévaluation des revenus ou des bénéfices de la société», a-t-elle indiqué.
Concernant l’accusation de conflit d’intérêts avec son fournisseur et premier actionnaire, BOE Technology, le dirigeant met également les choses au point.
«BOE est un actionnaire important, bien qu’il ne soit plus le principal. BOE n’influe pas sur la stratégie du groupe, aucun des membres n’ayant une place au sein de notre comité exécutif. Il n’y a donc aucun conflit d’intérêts et nous sommes indépendants», a martelé Thierry Gadou.
Action en justice ?
Au sujet de la densité réelle d’un contrat significatif annoncé au printemps par le groupe français avec Walmart, Thierry Gadou souligne que «le rapport de Gotham City Research croit savoir qu’il aurait déjà pesé sur la rentabilité du groupe en 2022 alors qu’il a été annoncé en avril 2023, ce qui constitue donc une erreur grossière».
De même, poursuit le PDG, «Gotham City Research base ses estimations du contrat sur des coûts moyens historiques, ce qui ne fait pas sens dans le cadre de ce contrat exceptionnel qui ne représente rien de comparable à nos précédents contrats».
SES-imagotag a précisé dans sa réponse écrite que ce contrat était «rentable et conforme au plan stratégique de Vusion», sa plateforme logicielle de gestion commerciale.
A lire aussi: Le cas SES-imagotag rappelle la place boursière à ses devoirs
SES-Imagotag a assuré aborder «ce nouveau chapitre avec sérénité, fidèle à son approche qui met l’accent sur la transparence et le respect des règles et des normes».
«Mais l’entreprise est également consciente de la gravité des conséquences d’une telle manœuvre pour l’ensemble de son écosystème : employés, clients, partenaires et actionnaires. C’est pourquoi SES-Imagotag se réserve la possibilité d’exercer tous les droits d’une future action en justice si nécessaire», a précisé le groupe.
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