Say on Pay, le patronat n’est pas sorti de l’auberge
Les subtilités de la sémantique sont souvent bien utiles mais parfois fallacieuses.
Proposer que le Say on Pay, ce vote encore consultatif de l’assemblée générale sur la rémunération patronale, devienne impératif mais pas contraignant ne mettra pas l’Afep et le Medef à l’abri du changement inéluctable qui s’annonce.
Car les partisans d’un vote contraignant de l’AG ne se comptent pas que parmi les politiques, mais aussi au sein des investisseurs.
Or ceux-ci ont les moyens de se faire entendre de n’importe quelle direction pourvu qu’elle ait des oreilles.
Côté politique, à un an des élections, l’exécutif ne laissera pas passer l’occasion de légiférer pour rendre le vote contraignant.
Soit directement soit par voie d’amendement parlementaire à la loi dite Sapin 2 sur la transparence de la vie économique.
Il le fera d’autant plus aisément que la disposition sera populaire.
D’ailleurs elle existe sous des formes diverses chez certains de nos voisins les plus libéraux, comme le Royaume Uni, la Suisse ou les Pays Bas.
Paris ne fera en outre que précéder l’Union européenne qui réfléchit à une disposition semblable à l’échelle du continent.
Quant aux investisseurs, institutionnels ou gérants d’actifs, le fait que le vote chez Renault ait été tenu pour quantité négligeable a fait des dégâts.
Or les plus gros sont déjà peu accommodants sur le sujet : BlackRock, le premier gérant mondial, a une doctrine très stricte sur le say on pay.
Quant à BNP Paribas Investment Partners, un des plus gros gérants français, il ne fait pas mystère qu’il vote « non » à près d’une AG sur deux !
Or la France est le pays où le taux d’approbation des say on pay est le plus bas, avec une forte chute entre 2015 et 2016.
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