Say on Pay, le patronat n’est pas sorti de l’auberge
Les subtilités de la sémantique sont souvent bien utiles mais parfois fallacieuses.
Proposer que le Say on Pay, ce vote encore consultatif de l’assemblée générale sur la rémunération patronale, devienne impératif mais pas contraignant ne mettra pas l’Afep et le Medef à l’abri du changement inéluctable qui s’annonce.
Car les partisans d’un vote contraignant de l’AG ne se comptent pas que parmi les politiques, mais aussi au sein des investisseurs.
Or ceux-ci ont les moyens de se faire entendre de n’importe quelle direction pourvu qu’elle ait des oreilles.
Côté politique, à un an des élections, l’exécutif ne laissera pas passer l’occasion de légiférer pour rendre le vote contraignant.
Soit directement soit par voie d’amendement parlementaire à la loi dite Sapin 2 sur la transparence de la vie économique.
Il le fera d’autant plus aisément que la disposition sera populaire.
D’ailleurs elle existe sous des formes diverses chez certains de nos voisins les plus libéraux, comme le Royaume Uni, la Suisse ou les Pays Bas.
Paris ne fera en outre que précéder l’Union européenne qui réfléchit à une disposition semblable à l’échelle du continent.
Quant aux investisseurs, institutionnels ou gérants d’actifs, le fait que le vote chez Renault ait été tenu pour quantité négligeable a fait des dégâts.
Or les plus gros sont déjà peu accommodants sur le sujet : BlackRock, le premier gérant mondial, a une doctrine très stricte sur le say on pay.
Quant à BNP Paribas Investment Partners, un des plus gros gérants français, il ne fait pas mystère qu’il vote « non » à près d’une AG sur deux !
Or la France est le pays où le taux d’approbation des say on pay est le plus bas, avec une forte chute entre 2015 et 2016.
Plus d'articles du même thème
-
Christian de Kerangal (IEIF) «Le secteur immobilier a trop peu investi dans la R&D»
La recherche et développement (R&D) ne représente qu'aux environs de 0,9% du chiffre d’affaires des promoteurs et constructeurs a pointé Christian de Kerangal, directeur général de l’IEIF (Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière), lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L’Agefi le 8 octobre 2026. Un budget qu’il estime pourtant essentiel pour construire et «produire la ville» de façon moins coûteuse dans un contexte de crise de l’industrie. -
Charlotte Gourdais (Carac) : «Nous allons profiter du momentum de la hausse des taux pour saisir certaines opportunités»
L'immobilier, sous forme directe ou indirecte, représente près de 13% des actifs du groupe Carac, mais l'heure est à l'arbitrage. Charlotte Gourdais, responsable immobilier du groupe, a partagé ses convictions lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Pierre-Yves Guice (Paris La Défense) : «L'offre de bureau est surdimensionnée à l'échelle du Grand Paris»
Le quartier de la Défense se redessine pour maintenir son rôle de moteur économique. Le directeur général de Paris La Défense s'est exprimé à l'occasion du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Stanislas Barthelemi (Adan) : «Il y a une diversification des acteurs dans l’écosystème des crypto»
A l’occasion de la première édition de Bank Acceleration, Stanislas Barthelemi, président de l’Adan, a fait le point sur les évolutions en cours au sein de l’écosystème des professionnels des actifs numériques. Il souligne notamment une diversification à la fois dans la typologie des acteurs, avec l’arrivée des banques traditionnelles, mais aussi dans les univers d’investissement ciblés. -
Bertrand Hassani (Quant AI Lab) : «Le futur de la banque, c’est la connexion de tous les systèmes d’information»
Interviewé à l’occasion de l’événement Bank Acceleration, qui s’est tenu le 6 octobre, au Palais Brongniart, Bertrand Hassani, directeur général de Quant AI Lab, a évoqué les avantages d'une IA distribuée pour répondre notamment aux besoins du secteur bancaire. -
Maya Atig (FBF) : «Il faut accepter de l’investissement long»
A l’occasion de l’événement Bank Acceleration organisé par L’Agefi le 6 octobre dernier au Palais Brongniart à Paris, nous avons reçu sur notre plateau TV, Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, afin d’évoquer les limites de la réglementation, mais aussi les enjeux liés à la souveraineté des données bancaires et à la rétention des talents dans la tech notamment.
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
Quoi de Neuf dans l’actualité Lifestyle du 26 octobre ?
Marin Montagut et Arthus Bertrand signent une collection de médailles porte-bonheur, ALL Accor revoit son programme de fidélité, Swatch fête les quinze ans de sa résidence d’artistes à Shanghai… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle. -
Ligne de crêteAu Sénat, un duel corso-corse sur l'autonomie de l'île
Au terme d’un parcours sinueux, le projet de l’autonomie de la Corse est soumis, ce lundi, au vote du Sénat où siègent Jean-Jacques Panunzi et Paul-Toussaint Parigi, les deux élus de l’île que tout oppose -
Lula réélu à la surprise générale au Brésil, Flavio Bolsonaro demande l’annulation du vote
Au terme d’un scrutin agité, le président sortant a été réélu avec environ 51,8 % des voix. Son rival, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, n’a pas reconnu sa défaite