Rupert Murdoch réplique à l’expansionnisme de Liberty Global dans la TV payante en Europe

Face à la boulimie d’acquisitions de son concurrent, 21st Century Fox prévoit de rapprocher toutes ses activités européennes au sein de BSkyB
Olivier Pinaud

Rupert Murdoch est un homme obstiné. Après plusieurs échecs dans le passé, le magnat des médias relance son projet de fusionner sous un même toit l’ensemble de ses activités de télévision payante en Europe. Le projet à l’étude prévoit le rachat par British Sky Broadcasting (BSkyB), la filiale à 39% de 21st Century Fox, des activités italiennes et allemandes du groupe de Rupert Murdoch. 21st Century Fox détient la totalité du capital de Sky Italia et 57% de Sky Deutschland. Selon les estimations avancées par Bloomberg, en prenant notamment en compte la capitalisation boursière de Sky Deutschland (6 milliards d’euros), le montant total de l’opération pourrait atteindre 10 milliards d’euros.

En associant les 3,7 millions d’abonnés de Sky Deutschland et les 4,75 millions de Sky Italia aux 15 millions de BSkyB, Rupert Murdoch espère créer un diffuseur en mesure de peser plus lourd face aux producteurs de contenus et aux nouveaux modes de distribution sur internet. Il pourrait aussi générer des synergies dans le développement de technologies communes. Le magnat des médias répliquerait enfin aux ambitions européennes de son adversaire John Malone, le patron de Liberty Global, qui a mobilisé près de 50 milliards d’euros ces dernières années pour s’implanter en Allemagne, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou bien encore en Belgique. Cela permettrait enfin de créer une structure plus cohérente, en mesure d’intéresser un éventuel acquéreur en bloc. Le nom de Vodafone revient régulièrement comme acheteur potentiel de BSkyB.

Les analystes de BoA Merrill Lynch reconnaissent l’intérêt de l’opération pour Fox qui, en simplifiant son architecture en Europe réduirait aussi par la même occasion son exposition indirecte à l’Europe. En revanche, BoA s’interroge sur les bienfaits pour les actionnaires minoritaires de BSkyB, plus soucieux ces derniers mois des conséquences de la nouvelle concurrence de BT Group pour les droits du football en Grande-Bretagne que d’une simplification de la structure. Hier, le cours de l’action a baissé de 2,4%. En 2010, avant même le scandale des écoutes téléphoniques qui a ébranlé le groupe Murdoch, les administrateurs indépendants de BSkyB ont déjà rejeté un projet de rapprochement des «Skies» européens.

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