Renault quitte la Russie mais n’exclut pas de faire demi-tour
Le constructeur automobile Renault annoncé lundi la cession de l’ensemble de ses activités en Russie, actant son retrait de son deuxième marché.
«Le conseil d’administration de Renault Group a approuvé à l’unanimité la signature des accords pour céder 100% des parts de Renault Group dans Renault Russie à la ville de Moscou et sa participation de 67,69% dans Avtovaz à NAMI (l’Institut central de recherche et de développement des automobiles et des moteurs)», a indiqué le groupe dans un communiqué.
Renault n’a pas communiqué le moindre montant lié à ces opérations. Denis Manturov, le ministre russe de l’Industrie, avait néanmoins indiqué fin avril à l’agence de presse Interfax, que la vente de la participation d’Avtovaz pourrait s’effectuer pour un rouble symbolique.
«La réalisation de ces transactions n’est soumise à aucune condition, et toutes les autorisations requises ont été obtenues», a ajouté Renault.
Selon l’accord signé avec l’institut NAMI, qui dépend du ministère russe de l’Industrie, Renault pourrait racheter sa participation dans le constructeur automobile russe Avtovaz «à certaines périodes au cours des six prochaines années».
Renault a confirmé qu’une «charge d’ajustement non cash correspondant à la valeur des immobilisations incorporelles, corporelles et goodwill consolidés du groupe en Russie» sera enregistrée dans ses comptes du premier semestre 2022. Cette valeur s'élevait à 2,2 milliards d’euros au 31 décembre 2021, a souligné le groupe.
Une décision «difficile mais nécessaire»
Le groupe au losange a vendu l’an passé plus de 480.000 véhicules en Russie, son deuxième marché après la France et ses 522.000 unités vendues. En 2021, la Russie a représenté des revenus de 4,55 milliards d’euros pour Renault, soit 9,9% du total consolidé.
«Aujourd’hui, nous avons pris une décision difficile mais nécessaire ; et nous faisons un choix responsable envers nos 45.000 salariés en Russie, tout en préservant la performance du groupe et notre aptitude à revenir dans le pays à l’avenir, dans un contexte différent», a indiqué le directeur général de Renault, Luca de Meo, cité dans le communiqué.
Le groupe a par ailleurs confirmé ses perspectives financières, qu’il avait abaissées le 23 mars dernier, à la suite de l’annonce de la suspension de ses activités en Russie.
«En avance sur ses objectifs moyen-terme Renaulution, Renault Group présentera, lors d’un Capital Market Day à l’automne 2022, la mise à jour de ses perspectives financières et de sa stratégie le positionnant comme un acteur de référence compétitif, tech et durable», a en outre rappelé le constructeur.
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