L’action Renault paye un lourd tribut à la crise russe
Au sein de la cote parisienne, Renault figure parmi les principales victimes de la guerre en Ukraine. A la clôture hier soir, l’action du constructeur accusait un repli de 31,9% depuis le début de l’invasion russe, le 24 février. Soit, parmi les valeurs du CAC 40, la pire baisse après Société Générale (-35,9%). A titre de comparaison, l’action Stellantis a reculé de 24,3% sur la période quand le CAC 40 a, lui, fondu de 11,8%.
Par rapport à son pic annuel du 18 février (38,07 euros en séance), le cours de Renault accuse ainsi un repli de 42,5%. Les investisseurs ont lourdement sanctionné l’exposition du groupe à la Russie, de très loin la plus importante parmi les grands constructeurs occidentaux. La marque au losange a écoulé sur ce marché près de 18% de ses volumes de ventes l’an passé, contre environ 3% pour BMW et Volkswagen, 2% pour Mercedes-Benz et Jaguar Land Rover, et, précisément, 0,3% pour Stellantis, selon un décompte de JP Morgan.
En Russie, deuxième marché du groupe après la France, Renault est propriétaire à 67% d’Avtovaz, numéro un dans le pays à travers les marques Lada Vesta et Lada Granta. L’an passé, les ventes d’Avtovaz ont atteint 2,85 milliards d’euros (+10,4%), soit 6,2% du chiffres d’affaires de Renault, pour un résultat opérationnel de 247 millions d’euros.
Avtovaz écoule 90% de ses ventes en Russie. Or l’effondrement prévisible de l’économie du pays n’ira pas sans une forte baisse de la demande locale. Quant à la production, qui dépend en partie de pièces importées, elle se trouve déjà entravée. Face à d’importantes «difficultés d’approvisionnement», Renault a dû mettre à l’arrêt son usine de Moscou. La production d’Avtovaz à Togliatti, à 1.000 kilomètres à l’Est de Moscou, a également été ponctuellement suspendue. Ces difficultés tiennent notamment aux livraisons de semi-conducteurs, bloquées par les Américains et les Européens.
Les sanctions occidentales interviennent au moment même où les pénuries de puces, qui avaient amputé la production de Renault de 500.000 véhicules l’an passé, commençaient à s’atténuer. Le groupe au losange semblait tout juste sortir de l’ornière après des années marquées par les difficultés avec Nissan, le virage délicat de l’électrique et la crise sanitaire. Pour la première fois depuis 2018,le constructeur a dégagé un résultat net positif l’an passé, à hauteur de 888 millions d’euros. «Renault est de retour» avait alors claironné son directeur général Luca de Meo devant les investisseurs. C’était le 18 février dernier, avant l’onde de choc entraînée par l’invasion russe en Ukraine.
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