Reckitt Benckiser envisage une cotation de sa division pharmaceutique

Si une vente de cette activité semble abandonnée, le groupe britannique n’a pas encore tranché entre une scission ou une simple mise en Bourse
Yves-Marc Le Réour

Reckitt Benckiser semble avoir progressé dans sa réflexion engagée l’an dernier sur l’avenir de son pôle pharmaceutique (RBP). Le groupe britannique, qui compte parmi ses multiples marques les antalgiques Nurofen, les préservatifs Durex, le désodorisant Airwick ou la moutarde canadienne «French’s», a publié hier un chiffre d’affaires trimestriel de 2,4 milliards de livres (2,9 milliards d’euros), en croissance organique de 2% à taux de changes constants et de 4% en excluant RPB, destiné à sortir de son périmètre de consolidation.

Alors qu’il avait envisagé une cession de ce pôle pharmaceutique, une scission («spin-off») ou une introduction en Bourse sont désormais les options privilégiées par le groupe. «Cette nouvelle témoigne de la difficulté de Reckitt à trouver un acquéreur potentiel», commente le bureau d’analyse d’Exane BNP Paribas. Dans une récente note, les analystes de JPMorgan estimaient pour leur part qu’une séparation juridique de cette activité «semble de plus en plus probable», en valorisant RBP à 1,3 milliard de livres.

Si la division santé, qui regroupe des médicaments vendus sans ordonnance (OTC), représentait 27% de son activité à fin mars, la division pharmaceutique ne pèse que 7% des ventes. Le principal produit de cette dernière est le suboxone, un traitement substitutif aux opiacés. Tandis que la division santé a enregistré une croissance organique de 11% d’un an sur l’autre, RBP a vu ses ventes chuter de 11% au premier trimestre en raison de la concurrence accrue de génériques disponibles depuis 2013. Dans son mode d’administration sublinguale moins rentable que sa présentation en comprimés arrêtée l’an dernier, le suboxone a vu sa part de marché diminuer de 4% sur un an à 64%.

Reckitt Benckiser a donc entrepris de se développer par croissance externe dans les médicaments OTC. Il serait d’ailleurs, selon des sources proches du dossier, le principal candidat au rachat de l’activité OTC de Merck que le laboratoire américain a mis en vente. Le groupe britannique, qui réalise près de 40% de son chiffre d’affaires dans les produits d’hygiène et 19% dans les articles d’entretien ménager, a par ailleurs réitéré sa prévision d’une progression annuelle de ses ventes, hors RBP, comprise entre 4 et 5% à taux de changes constants, accompagnée d’une marge stable ou en croissance modérée.

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