Monsanto, rachat de tous les dangers pour Bayer
C’est dans un rachat de tous les dangers que Werner Baumann, le patron de Bayer, lance son groupe en acquérant Monsanto.
Qu’il s’agisse du prix, du mouvement stratégique, du défi culturel ou réglementaire, les risques de l’opération sont très élevés.
Le prix d’abord : à 66 milliards de dollars dette incluse, le multiple proposé pour la cible tourne, selon les estimations, autour de 20 fois l’excédent brut d’exploitation 2016.
C’est très supérieur à celui d’opérations comparables récentes dans le secteur.
Le mouvement stratégique ensuite : Bayer va voir son portefeuille d’activités transformé, avec une part des activités agro-chimiques d’environ 50% contre 30% auparavant.
Or chez Bayer comme chez les analystes, il ne manque pas de voix qui plaidaient pour un renforcement dans la pharmacie.
Venons-en au défi culturel : Bayer signe là tout simplement la plus grosse opération de fusion-acquisition initiée par un groupe allemand.
Ce faisant, l’entreprise rompt avec sa tradition de ne procéder qu’à des achats plus modestes, ciblés et garantissant sa notation financière.
Intégrer une entreprise aussi spécifique, et décriée, que Monsanto s’annonce périlleux.
Défi réglementaire enfin : après Dow Chemical-DuPont et ChemChina-Syngenta, Bayer-Monsanto est le troisième deal sur la table des autorités de la concurrence.
C’est dire s’il sera scruté de près, avec en prime une pression maximale des ONG et des politiques ultra-sensibles au dossier des OGM.
A une époque où 4 opérations de rapprochement sur dix annoncées échouent, Werner Baumann n’est pas au bout de ses peines.
Aussi Monsanto a-t-il pris ses précautions. En cas d’échec, ses actionnaires empocheraient 2 milliards de dollars de dédommagement.
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