Markit veut lever jusqu'à 2 milliards de dollars à l’occasion de son IPO
Markit réalise son tour de chauffe. Le fournisseur britannique de données financières a mandaté quatorze banques en vue d’une introduction en Bourse aux Etats-Unis attendue au cours du deuxième trimestre. Markit est détenu à 51% par un consortium de banques comprenant Goldman Sachs, JPMorgan, Citigroup, UBS et Deutsche Bank.
L’opération, qui ne passera pas par l'émission d’actions nouvelles mais plutôt par une réduction du poids des investisseurs actuels (dont la direction), devrait se faire sur la base d’une valorisation nettement supérieure à celle évoquée il y a un an. Selon Bloomberg, Temasek a en effet pris l’an dernier une participation de 10%, donnant une valorisation voisine de 5 milliards de dollars. General Atlantic, un fonds de capital-investissement américain, possède également 10% du capital. Un roadshow auprès des investisseurs devrait démarrer dans trois semaines.
Si le document enregistré par la société auprès de la SEC mentionne une levée de 750 millions de dollars, l’appel au marché atteindrait plutôt les 2 milliards de dollars, rapporte le Financial Times de source proche du dossier. Markit, qui s’est fait une spécialité du traitement de données financières complexes sur les marchés fixed income et de dérivés de gré à gré a dégagé un bénéfice opérationnel de 230 millions de dollars en 2013 pour un chiffre d’affaires de 948 millions de dollars. Près de la moitié de ses revenus provient de la division «information» qui met à prix plus de 2 millions d’obligations chaque jour sur les marchés de dette corporate, municipale et titrisée.
La société, qui a grandi grâce à plusieurs acquisitions majeures (Data Explorers Group en avril 2012 puis Cadis Software deux mois plus tard), doit également faire face aux enquêtes des régulateurs. Le département américain de la Justice (DoJ) et la Commission européenne soupçonnent en particulier d'éventuelles manquements au droit de la concurrence sur le marché des CDS (credit-default swap). Markit a dépensé pour ces affaires près de 13 millions de dollars en frais juridiques au cours des deux dernières années. Le groupe estime très peu probable que le DoJ lui inflige une amende mais évoque la possibilité de dommages et intérêts réclamés par la Commission européenne.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français