L’occasion de créer un beau champion français se profile
En cette semaine qui s’ouvre, le gratin des banquiers d’affaires français sera sur les dents.
C’est vendredi 16 que Safran attend les offres définitives des candidats au rachat de Morpho, sa filiale de solutions d’identité et de sécurité.
Il s’agit déjà d’un leader mondial mais l’occasion est belle de créer, à l’occasion de cette cession, un champion national dans un secteur, la biométrie, où la France possède un savoir-faire incontestable.
L’identité des cinq candidats donne une idée de l’intérêt que suscite ce pôle désormais non stratégique de Safran, fort de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires.
On n’y trouve que des premiers couteaux, deux industriels français, Gemalto et Oberthur Technologies, et trois consortiums plus financiers groupés autour des tandems de fonds Bain Capital-Ardian, KKR-Impala et CVC-Astorg.
Le prix de cession sera donc élevé, en tout cas supérieur aux deux milliards d’euros fixés comme plancher par Safran, comme l’a montré un premier tour de piste des candidats en juin.
D’autres considérations pèseront aussi, à commencer par la crédibilité du projet industriel dans une perspective internationale.
Mais les critères politiques joueront aussi : car compte tenu de son secteur d’activité, crucial en ces temps de menaces terroristes omniprésentes, le destin de Morpho est suivi de près.
A Paris bien sûr mais aussi aux Etats-Unis où Morpho détient le marché des permis de conduire.
Une position jugée si sensible que Washington a imposé que la filiale concernée soit gérée par un conseil cloisonné, qui échappe à la tutelle effective de son actionnaire.
Autant dire que l’heureux élu final devra au préalable avoir montré patte blanche des deux côtés de l’Atlantique.
Plus d'articles du même thème
-
Diana Hazvartian (CDC) : "Les taux de défaut sur la dette privée sont historiquement bas en Europe"
Selon la responsable des investissements en dette privée de la Caisse des dépôts, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de dette privée. Néanmoins, il convient de rester vigilant sur cette classe d'actifs dont le marché est en plein essor. -
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
PARTENARIATQuelles perspectives pour un marché de l’épargne en pleine transformation ?
Julien Ducoup, Partner, Responsable du secteur de l’assurance et Nicolas Boulay, Partner, Assurance, au sein de Square Management, évoquent dans cette interview vidéo les thèmes qui seront débattus lors de cet évènement, le jeudi 18 juin prochain, à partir de 17h30 au Shangri-La. -
PARTENARIATRéinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface.
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Dis, quand reviendras-tu ?Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, anatomie d’une discorde
En confiant à deux reprises la tête de liste aux européennes à un philosophe non encarté, le premier secrétaire du PS a fabriqué son principal concurrent pour l'élection présidentielle. Récit d’une relation passée de la fraternité à la rivalité -
Bis repetitaLa France se prépare à une vague de chaleur plus intense qu'en mai
Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray souhaite qu'aucun examen du Bac ne se déroule l'après-midi. -
Que feriez-vous avec 1 000 milliards de dollars ?
Avec l'introduction en Bourse de SpaceX, Elon Musk est devenu le premier billionnaire de l'Histoire, symbolisant une nouvelle ère où fortunes colossales et promesses technologiques redessinent le rapport au pouvoir