L’issue de l’offre visant le Club Med reste bien incertaine
Vendredi, le titre Club Méditerranée a gagné à la Bourse de Paris 0,48% à 19,01 euros. Depuis la mi-mars, le cours évolue au-dessus du prix de l’offre engagée à 17,50 euros par Gaillon Invest, qui regroupe Ardian (l’ex-Axa Private Equity), le chinois Fosun et le management. Alors que l’offre se termine le 23 mai, avant une éventuelle réouverture du 11 au 24 juin, la pression monte sur ses initiateurs.
Fin avril déjà, au moment de l’assemblée générale du groupe de loisirs, le fonds Strategic Holdings de la société d’investissement italienne BI-Invest avait fait parler de lui. Il détenait alors 4,6% du capital. Il en détient aujourd’hui 6,5%, et viserait les 9 à 10% selon le Corriere della Sera, le fonds poursuivant ses emplettes au-delà du prix de l’offre publique. Une «manœuvre de déstabilisation» aux yeux des initiateurs de cette dernière, rapportent Les Echos, tandis que l’entourage du patron de BI-Invest, Andrea Bonomi, assure au quotidien qu’il n’a «aucune intention de s’opposer à l’OPA». «Cela ressemble fort à une prise de contrôle rampante», observe un expert cité par Le Figaro, le quotidien évoquant la diffusion d’un communiqué ce matin avant Bourse.
Fosun et Ardian avaient déjà indiqué fin avril qu’ils pourraient être amenés à considérer toutes les options quant à leur investissement. Une position confirmée aujourd’hui dans un entretien aux Echos par Dominique Gaillard, président de Gaillon Invest. Alors que ce dernier détient environ 20% du capital, le dirigeant assure que «les décisions d’apport nous donnent une perspective de l’ordre de 40%». «Il nous faudrait 11% à 12% de plus pour avoir une marge de manœuvre, le seuil de succès de l’OPA étant de 50,01%», reconnaît Dominique Gaillard. Les actionnaires pourtant «ne doivent pas se tromper», lance-t-il, soulignant que Strategic Holdings n’affiche nulle ambition d’offrir à chacun une liquidité, contrairement à l’offre de Gaillon Invest, qui porte bien sur 100% du capital. Le relèvement du prix de l’offre n’est en tout cas pas justifié. Il s’agit d’un «prix plein», rappelle «avec force» Dominique Gaillard, valorisant la société environ 20 fois le résultat d’exploitation et 7 fois l’excédent brut d’exploitation. Un prix d’autant plus équitable dans un contexte de «ralentissement prononcé du marché européen du tourisme, en particulier en France et en Belgique».
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