L’Etat demande à EDF de vendre plus d'électricité à bas prix à ses concurrents
Le gouvernement va demander à EDF de vendre davantage d'électricité nucléaire à bas prix à ses concurrents, afin de tenir sa promesse de limiter la hausse de la facture d'électricité des Français à 4% en 2022, malgré la flambée des cours, a annoncé jeudi Bruno Le Maire, confirmant sa promesse. Le coût de cette mesure pour le groupe est estimé entre 7,7 et 8,4 milliards d’euros, indique le ministre de l’Economie dans un entretien au Parisien, publié jeudi soir.
Pour ce faire, le gouvernement a décidé d’augmenter de 100 à 120 térawatts-heure (TWh) les volumes d'électricité qu’EDF doit céder à ses concurrents dans le cadre du dispositif Arenh (accès régulé à l'électricité nucléaire historique), qui assure un prix d’achat préférentiel aux producteurs alternatifs, afin de leur éviter de devoir payer des prix très élevés sur les marchés de gros et de le refacturer ensuite à leurs clients. Et ce afin que «l’ensemble des consommateurs bénéficie de la compétitivité du parc électronucléaire français. Ces volumes seront accessibles à tous les consommateurs, particuliers, collectivités comme professionnels», ont déclaré les ministères de l’Economie et de la Transition écologique dans un communiqué.
Le gouvernement avait promis en octobre dernier de limiter la hausse des tarifs réglementés du gaz et de l’électricité. Il avait annoncé que le prix du gaz allait augmenter, comme prévu, de 12,5% le 1er décembre, mais il n'évoluerait plus ensuite jusqu'à une chute des cours mondiaux attendue en mars ou avril. Le Premier ministre Jean Castex avait annoncé en outre une limitation à 4% de la hausse du tarif régulé de l’électricité (TRV) en février et pour l’ensemble de l’année 2022.
Le plafonnement des tarifs de l’électricité alors annoncé devait à l’origine se traduire pour l’essentiel par une baisse de la taxe sur l'électricité (TICFE), une mesure que la flambée des prix sur les marchés de gros - qui s’est accentuée depuis - a rendu insuffisante même avec une réduction de la taxe à zéro, dont le coût pour les finances publiques atteint déjà quelque 8 milliards d’euros.
Les autorités françaises ont informé les services de la Commission européenne afin d’assurer la conformité avec leurs engagements européens de ces mesures exceptionnelles.
La mesure tombe mal pour EDF, alors que le groupe demande depuis plusieurs années une suppression de l’Arenh : à ses yeux, le dispositif le contraint à s’endetter et limite sa capacité d’investissement tout en subventionnant ses concurrents.
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