L’Etat au four et au moulin dans les restructurations industrielles
S’il est un domaine dans lequel l’Etat demeure le maître du jeu, c’est bien celui des restructurations industrielles.
Par l’un de ses multiples bras, il est omniprésent, même dans les entreprises où sa position d’actionnaire minoritaire n’impose pas son intervention. Cela ne va pas sans risque.
Dernier exemple en date, celui de Vallourec.
C’est par le canal de BPIFrance que la puissance publique va s’impliquer dans le dossier, en injectant plusieurs centaines de millions d’argent frais via une recapitalisation massive.
L’Etat ne contrôle pourtant qu’un peu plus de 7% du capital de Vallourec ce qui ne le mettait pas en première ligne.
Mais l’importance de l’enjeu l’a convaincu d’agir pour sauver un savoir-faire français.
Il joue d’ailleurs un rôle clé dans la recapitalisation du groupe parapétrolier CGG, lui aussi chahuté par la tempête dans son secteur.
En soi, la tradition de l’Etat de jouer les opérateurs industriels conserve sa valeur.
On l’a vu dans l’automobile où le sauvetage de PSA aurait été impossible sans lui, ou dans les transports, chez Alstom et sans doute demain chez Transdev, autre grand groupe promis à passer dans son giron par le canal de la Caisse des dépôts.
Reste qu’on doit s’interroger sur sa capacité à en mesurer les risques et à les maîtriser.
Risques industriels d’abord comme dans la filière nucléaire aujourd’hui. Ou risques financiers.
Car tout à sa logique propre, l’Etat n’est pas toujours très regardant sur les prix.
On le voit dans le cas de Vallourec, où le prix qu’il paye paraît bien élevé par rapport au cours de l’action.
Comme on l’a vu chez Renault, où la protection de ses intérêts l’a conduit à surpayer des titres qu’il ne peut revendre sans perte.
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