L’Etat actionnaire doit trancher entre ses deux logiques contradictoires
Un débat bienvenu s’est ouvert sur le rôle de l’Etat actionnaire à l’initiative de l’Institut Montaigne, de la Cour des Comptes.
Ce qui en ressort, c’est que l’Etat doit trancher entre deux logiques fondamentales :
-celle de garant de l’intérêt national, autour de rares priorités économiques s’imposant à toutes les majorités politiques ;
-et celle de l’investisseur, que les circonstances peuvent lui imposer et qu’il n’est pas fait pour gérer directement.
Dans le premier cas, l’Etat doit avoir le courage de limiter ses champs d’intervention, toujours dans une perspective européenne et mondiale.
Trois paraissent évidents, tous capitalistiques : l’indépendance et la mutation énergétique, l’aménagement du site France, la défense de son territoire et de ses intérêts vitaux dans le monde.
Seul une entité placée sous l’autorité du Premier ministre aurait la capacité de baliser la réflexion publique puis de la coordonner.
Par exemple d’anticiper la crise du nucléaire et de lui porter remède à temps.
Les participations de contrôle à vocation régalienne lui seraient rattachées.
Quant à la logique de l’investisseur, l’instrument existe : la Caisse des dépôts, idéalement placée pour gérer les participations publiques du fait de son double contrôle exécutif et parlementaire, soit dans une logique patrimoniale via un fonds souverain à créer, soit budgétaire via sa filiale BPI France.
Cette clarification, qui irait de pair avec des règles de gouvernance adaptées à chacune de ces logiques, ne règlerait pas tout, notamment pas le cas particulier de l’audiovisuel public.
Mais elle éviterait à l’Etat bien des déconvenues, voire des ridicules, que lui valent régulièrement ses inhérentes contradictions.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- Prétendant de MPS, Banco BPM devient sa cible, le Crédit Agricole reste au centre du jeu
- TotalEnergies multiplie les arbitrages dans les énergies renouvelables
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Contenu de nos partenaires
-
Les « MacronLeaks », première ingérence électorale massive… et ce qu’elle dit du risque pour 2027
En 2017, Emmanuel Macron avait été visé par un vaste piratage attribué à la Russie. Autre époque, autres modes opératoires… Mais des leçons pour la campagne qui s’ouvre, menacée par les ingérences -
Au Venezuela, des pourparlers décisifs s’amorcent dans l'ombre insistante de Washington
Des négociations portant sur l’avenir politique de Caracas s’ouvrent sept mois après la capture de Nicolas Maduro. Le pouvoir en place et l’opposition redoutent l'ingérence américaine -
« Un basculement » : le vertigineux déséquilibre des rapports commerciaux entre la France et la Chine
La Chine représente à elle seule plus de 80 % du déficit commercial de la France, avec 50,3 milliards d’euros de déficit pour la France, sur un total de 59,8 milliards d’euros de déficit commercial extérieur