Les cryptomonnaies sont-elles viables ?
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Bitcoin, Ripple, Litecoin… Les cryptomonnaies pourront-elles un jour concurrencer les monnaies émises par les Banques centrales ? Et ainsi influer sur la politique monétaire et sa transmission ? La question se pose avec une acuité particulière avec l’émergence de la blockchain et de la technologie de registre décentralisé (decentralised ledger technology, DLT).
Une étude du think tank Bruegel s’est penchée sur ce sujet, qui préoccupe les autorités monétaires dans le monde.
Préambule à toute interrogation, l’étude («Cryptocurrencies and monetary policy»), rappelle que le statut de monnaie suppose de remplir trois fonctions : moyen légal d’échange, instrument de mesure de la valeur et réserve de valeur.
Or, aujourd’hui les cryptomonnaies «se rapprochent plus des actifs spéculatifs que d’une monnaie, estiment les auteurs, Grégory Claeys, Maria Demertzis et Konstantinos Efstathiou, principalement du fait de leur volatilité, conséquence de l’inélasticité de leur offre». Cette caractéristique limite actuellement la généralisation de leur utilisation comme moyen d’échange.
Mais qu’en sera-t-il demain, avec l’amélioration des algorithmes ? Si les cryptomonnaies parviennent un jour à se substituer à de la monnaie banque centrale, «ce qui n’est pas théoriquement impossible», et à s’imposer comme monnaies parallèles, il n’y aurait pas forcément lieu de s’inquiéter, pour les économistes de Bruegel. «Plutôt que de poser un problème, la coexistence de monnaie officielle et de cryptomonnaies pourrait avoir un effet positif en soumettant les banques centrales à une discipline», écrivent-ils. Car «une alternative réussie aux monnaies officielles pourrait mettre sous pression ceux qui les gèrent afin qu’ils proposent de meilleures politiques».
Trois défis devraient toutefois être relevés : l’offre de cryptomonnaies devrait intégrer le fait qu’elle est un instrument capable d’affecter l’économie ; elle devrait prendre en compte la possibilité des crises de liquidité et agir comme prêteur de dernier ressort ; enfin, il faudrait instaurer un système de contre-pouvoir afin de rendre l’émetteur de cryptomonnaies comptable de l’intérêt collectif, ce qui paraît difficile, les cryptomonnaies étant émises de façon automatique et privée.
«Pour ces raisons, les devises officielles contrôlées par les banques centrales indépendantes dans le cadre de leur cible d’inflation semblent encore être un dispositif de loin supérieur aux cryptomonnaies pour remplir les fonctions d’une monnaie», concluent les experts.
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