Le marché devra prendre son mal en patience avant que Thales ne relève ses objectifs annuels
Thales garde le cap. Le géant de la technologie et de la défense a confirmé mardi ses perspectives de croissance et de marge pour 2026, après avoir fait état d’une progression soutenue de son activité au premier trimestre, dans un contexte marqué par une forte demande pour ses solutions de défense.
Pour la période de janvier à mars, les revenus de Thales se sont établis à 5,32 milliards d’euros, en hausse de 7,2% en données publiées et de 9,7% en données organiques par rapport au premier trimestre 2025. De fait, cette performance est supérieure aux attentes du consensus compilé par Thales, soit un chiffre d’affaires de 5,19 milliards d’euros, en croissance organique de 6,5%. Une prestation d’autant plus appréciable compte tenu d’un effet devises négatif et d’une base de comparaison jugée « exigeante » par Oddo BHF.
La société pilotée par Patrice Caine a profité du « boom » de la défense, un domaine dans lequel ses ventes ont bondi de 14,3% en organique au premier trimestre, pour atteindre 3,05 milliards d’euros. « La dynamique de croissance dans la défense est forte », a souligné Pascal Bouchiat, le directeur général finances et systèmes d’information de Thales, à l’occasion d’une conférence avec des journalistes. « Nous bénéficions de nos investissements et de la hausse de nos capacités de production », a-t-il ajouté.
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Petite déception dans le cyber
Légère déception toutefois dans la branche cyber et digital, où les ventes ont crû de 2% en organique sur un an, là où le consensus compilé par Thales visait une hausse de 2,1%. Ce pôle d’activité est « encore en phase de reprise », pointe du doigt Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché chez eToro. L’entreprise s’attend à une montée en puissance progressive au cours de l’année dans cette division, ajoute Berenberg.
En parallèle, les prises de commandes de Thales se sont inscrites à 4,65 milliards d’euros au premier trimestre, soit une augmentation de 23% en données publiées et de 27% en données organiques sur un an. C’est moins que les 4,85 milliards d’euros attendus par le consensus compilé par Thales, malgré le bond des prises de commandes de 75% en organique dans les activités de défense.
Pour autant, « ces chiffres montrent que les Etats renforcent leurs capacités de souveraineté, offrant à Thales une forte visibilité », tempère Antoine Fraysse-Soulier.
Thales ne dit pas autre chose. Dans un communiqué, le groupe souligne que « les récents événements, notamment au Moyen-Orient, renforcent la pertinence de ses solutions, particulièrement en matière de surveillance et [de] défense aérienne », mais également dans la « guerre des mines sous-marines ». En janvier, Thales a par exemple décroché un contrat visant à fournir au Qatar des radars Ground Master 200 MM/A et Ground Master 400 Alpha. La société a également annoncé mardi avoir remporté un contrat visant à fournir au Danemark son système de défense aérienne SAMP/T NG.
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Mauvais accueil en Bourse
Concernant ses perspectives, Thales prévoit toujours cette année une croissance organique de son chiffre d’affaires de 6% à 7%, correspondant à un chiffre d’affaires de 23,3 milliards à 23,6 milliards d’euros. En parallèle, la société vise également cette année une marge d’Ebit ajusté allant de 12,6% à 12,8%.
En Bourse, les investisseurs réservent un mauvais accueil à cette publication. Vers 14h30, l’action Thales perdait 4,75%, à 250,8 euros, accusant la plus forte baisse du CAC 40. Compte tenu de la forte dynamique de croissance observée au premier trimestre, les opérateurs semblent chagrinés par le non relèvement des objectifs annuels, alors que le consensus estime qu’ils seront bel et bien atteints. Cette absence de relèvement devrait peser sur le moral des investisseurs, prédisait d’ailleurs AlphaValue avant l’ouverture de la Bourse de Paris.
Le marché devra prendre toutefois son mal en patience. Arborant sa traditionnelle prudence, Thales attend généralement la fin du premier semestre pour ajuster ses perspectives si cela s’avère nécessaire.
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