Les proxys contestent le conseil de Pernod Ricard
Mercredi, les actionnaires de Pernod Ricard sont convoqués en assemblée générale. Approuveront-ils la politique de vote de leur PDG, Alexandre Ricard ? Proxinvest s’oppose à l’augmentation de 16% du fixe du PDG, qui passera de 950.000 à 1,1 million d’euros. Soit une hausse moyenne de 4% par an depuis la nomination d’Alexandre Ricard comme PDG en février 2015, «un niveau beaucoup trop rapide par rapport à l’inflation française» qui n’a augmenté que de 2,4% sur la période, note l’agence de conseil en vote. Surtout cette progression du fixe aura «un effet inflationniste élevé» sur les autres rémunérations. Le bonus annuel est plafonné à 180% du fixe (soit 1,98 million d’euros), et la rémunération actionnariale à 150% du fixe (1,65 million d’euros).
Dans son rapport annuel, Pernod Ricard justifie cette hausse du fixe par trois raisons : absence d’augmentation depuis plus de trois ans, «accélération» de la performance financière depuis 2015, et écart important de la rémunération fixe et totale du PDG par rapport aux sociétés du CAC 40 et du secteur des boissons. Dans son dernier baromètre sur la rémunération des dirigeants, Proxinvest notait que la rémunération totale moyenne d’un patron du CAC 40 était de 5,1 millions d’euros en 2015, dont 1,1 million de fixe. En 2017, celle d’Alexandre Ricard était de 4,1 millions, dont 0,95 million de fixe.
Les deux principaux proxys, ISS et Glass Lewis recommandent, eux, d’approuver cette politique de rémunération, même s’il est encore «possible d’améliorer la structure des conditions de performance pour le bonus et la rémunération de long terme», précise ISS.
En revanche, les deux proxys anglo-saxons sont plus sévères sur les administrateurs. ISS recommande de voter contre la réélection de Martina Gonzalez-Gallarza, dont le père est en pacte d’actionnaires avec la société Paul Ricard, de Ian Gallienne, administrateur délégué de GBL, et de Gilles Samyn, président de la holding belge CNP. Il estime les deux derniers non-indépendants – GBL détenant 11,3% des droits de vote – et juge l’ensemble du conseil insuffisamment indépendant. Glass Lewis s’oppose au renouvellement de Martina Gonzalez-Gallarza et de Gilles Samyn pour les mêmes raisons. De son côté, Proxinvest s’oppose à ces trois renouvellements, estimant notamment GBL surreprésenté au conseil avec deux sièges pour 7,5% du capital, et aussi à la nomination de Patricia Barbizet, en raison du cumul de mandats. Elle siège déjà chez Axa, Fnac-Darty, Kering (vice-présidente), et Total (administratrice référente).
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