Les producteurs d’électricité nucléaire allemands retiennent leur souffle
Après plusieurs années d’incertitudes, les producteurs allemands d’électricité seront fixés sur leur sort demain. Le ministère de l’Energie doit dévoiler le projet de loi sur le démantèlement des centrales nucléaires du pays. Négocié âprement depuis des mois, ce texte conclura le processus de sortie du nucléaire engagé par le gouvernement d’Angela Merkel après la catastrophe de Fukushima en 2011. Les 8 centrales nucléaires encore en fonctionnement, sur les 19 que comptait l’Allemagne fin 2000, mais dont une partie avait déjà été fermée avant l’accident au Japon, devront s’éteindre d’ici à 2022.
La loi doit fixer la charge pour les quatre exploitants de centrales : E.ON, RWE, Vattenfall et EnBW. En avril, la commission indépendante KfK chargée d’évaluer le coût du démantèlement avait chiffré à 23,3 milliards d’euros, plus intérêts, la somme que devraient verser les quatre producteurs d’électricité au fonds public de financement du stockage des déchets radioactifs ; la fermeture et le démantèlement étant à la charge directe des opérateurs. En échange de la constitution de ce fonds, les industriels ne seront plus responsables juridiquement et financièrement du coût de la gestion des déchets.
Depuis la première conclusion de la KfK, ce montant, qui avait été arrêté sur la base des chiffres de 2014, devrait probablement avoir été légèrement augmenté. Les analystes de BofA Merrill Lynch tablent sur 24,2 milliards d’euros, ce qui devrait forcer les opérateurs à passer de nouvelles charges exceptionnelles. Au moment de l’audit de la commission indépendante, les quatre opérateurs concernés n’avaient provisionné que 17,2 milliards d’euros pour couvrir le stockage des déchets.
Cette contribution au fonds public comprend notamment un «risque de surcharge» de 35%, niveau contesté par les opérateurs, notamment en raison du caractère aléatoire qu’elle fait peser sur leurs finances. E.ON est le premier concerné par cette mise à contribution financière compte tenu de son parc nucléaire. Le groupe exploite encore trois centrales où il est majoritaire, une à parité avec Vattenfall et trois minoritairement avec RWE. Il pourrait devoir supporter seul un peu plus de 40% de la facture, ce qui pourrait le pousser à lever du capital l’an prochain, par émission d’actions ou cessions d’actifs.
{"title":"","image":"129640»,"legend":"","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L’AIE anticipe des tensions durables sur le diesel
L’Agence internationale de l’énergie a alerté sur le risque de persistance des tensions sur le marché du diesel jusqu’à mi-2027, dans son dernier rapport mensuel. -
EDF va céder au fonds Hy24 sa filiale d'hydrogène Hynamics
L'acquisition d'Hynamics par la coentreprise entre le gérant français de non coté Ardian et FiveT Hydrogen s'inscrit dans le cadre de la consolidation de la filière autour des projets les plus prometteurs, face à un développement décevant de l'utilisation de l'hydrogène en regard des prévisions initiales. -
BP réduit son endettement net d’environ 37% en un seul trimestre
Malgré des dépréciations dans ses activités bas carbone, le groupe britannique a tiré parti d’un contexte favorable dans le raffinage et le trading gazier.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Contenu de nos partenaires
-
ExpertiseComment le Conseil des prélèvements obligatoires entend éclairer en direct le débat budgétaire
L'organe d'experts considère que la baisse de la surtaxe d'impôt sur les sociétés sur les très grandes entreprises, exceptionnelle, va dans le bon sens. Il défend aussi le coup de rabot sur le régime d'apport-cession, ou la baisse de l'abattement fiscal des retraités -
Fed up !Dette française : le monde perd patience
La France doit réparer d’urgence ses fondations budgétaires avant que les fissures ne s'élargissent et retrouver la confiance qui lui fait défaut, estime la directrice générale du FMI -
Présidentielle 2027 : Glucksmann et Philippe à égalité, derrière Jean-Luc Mélenchon, selon un sondage
Selon un sondage réalisé auprès de 1 390 personnes par Ifop-Fiducial pour LCI et Sud Radio, en cas de candidatures d’Edouard Philippe et de Gabriel Attal, le second tour opposerait Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen