Les pétroliers serrent la vis des investissements en 2014
Le récent avertissement sur résultats lancé par Vallourec en répercussion du déstockage d'équipements annoncé par son grand client Petrobras est là pour en témoigner. Les grands groupes pétroliers mondiaux serrent la vis des investissements. Selon la deuxième édition de l’étude annuelle de Standard & Poor’s sur les prévisions d’investissements des 2.000 plus grandes entreprises non financières, la baisse attendue de 0,5% des «capex» cette année au niveau mondial, après un reflux de 1% en 2013, viendra en grande partie du secteur énergétique et matières premières. Leurs investissements devraient se contracter de 4% en 2014, puis de 5% et de 3% au cours des deux années suivantes, indique l’étude.
Malgré le ralentissement des économies des pays émergents, les besoins mondiaux en énergies primaires restent forts. L’Agence internationale de l’énergie chiffre à 48.000 milliards de dollars les investissements nécessaires pour y répondre d’ici à 2035. En abaissant leurs dépenses, les pétroliers ne répondent donc pas à une dégradation de fond de leurs perspectives de long terme, mais ajustent leur modèle après dix années d’accroissement de leurs investissements, mise à part la correction de 2009. En 2003, les capex des groupes de pétrole et de gaz absorbaient 64% de leurs cash flows opérationnels. En 2013, face à l’inflation des coûts et des risques, la proportion est montée à 104%. Traduction: les groupes d’énergie ont dû s’endetter pour faire face à leurs investissements.
Cette austérité relative des groupes d’énergie –ils dépenseront tout de même un peu plus de 1.000 milliards de dollars en 2014– aura un impact immédiat sur les sommes cumulées. En ajoutant les autres matières premières, l’énergie représente dans son ensemble 42% du montant total des investissements de 2013. Les neuf plus grands investisseurs de 2013 sont des groupes d’énergie, devant le minier BHP Billiton, avec un total de 352,5 milliards de dollars d’investissements. Sans l’énergie et les matières premières, les investissements des plus grandes entreprises mondiales progresseraient de 2,6% en 2014, à 1.935 milliards de dollars, rappellent les analystes de S&P, alors que 2013 était revenu au niveau de 2008 (1.887 milliards).
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