Les équipementiers automobiles constatent une faible visibilité à l’horizon 2012
Si les turbulences financières ne semblent pas peser sur l’activité des équipementiers automobiles à court terme, ceux-ci témoignent d’une prudence accrue pour l’an prochain. Lors d’un point de presse tenu hier avant l’ouverture officielle du Salon automobile de Francfort, Jacques Aschenbroich, directeur général de Valeo, a indiqué ne pas voir de ralentissement dans les carnets de commandes. Soulignant être jusqu'à fin août «complètement en ligne avec ce qu’on avait prévu», il anticipe une hausse de 5% de la production automobile mondiale cette année. Le groupe devrait enregistrer une marge d’exploitation un peu supérieure aux 6,4% de l’an dernier.
Jacques Aschenbroich se dit en revanche «incapable à ce stade de prévoir ce qui se passera l’année prochaine», en estimant que le groupe, dont 20% des effectifs est constitué d’intérimaires, doit être «beaucoup plus flexible». Jugeant prématuré de formuler des prévisions chiffrées pour 2012 dans ce contexte, Jacques Aschenbroich mise sur une poursuite de la croissance des marchés asiatiques qui devraient représenter 30% du chiffre d’affaires de l’équipementier d’ici à 2015. Les solutions d’assistance à la conduite développées par le groupe ainsi que la montée en puissance des véhicules hybrides devraient constituer de nouvelles sources de croissance.
Le PDG de Faurecia Yann Delabrière a de son côté déclaré être «confortable» avec sa prévision d’un chiffre d’affaires compris entre 15,7 et 15,9 milliards d’euros pour l’exercice en cours. Il considère que la situation des marchés financiers pèse sur la visibilité du secteur automobile à l’horizon 2012 mais n’a remarqué jusqu’ici «aucun signe de retournement global». Il estime par ailleurs que le niveau des prix de l’acier et du plastique ne devrait pas être un sujet de préoccupation l’an prochain.
En accord avec ce diagnostic, Michel Rollier, gérant du groupe Michelin, a confirmé une hausse d’environ 8% des volumes de ventes du groupe et une progression du bénéfice d’exploitation en 2011. «Les ventes de pneus hiver sont satisfaisantes», a-t-il précisé, en ajoutant que la capacité du pneumaticien à répercuter la hausse du prix des matières premières sur ses tarifs était intacte et que celui-ci était prêt à «réagir très vite» à une dégradation potentielle de l’activité.
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