Les entreprises américaines mettent leur montagne de cash au travail

Dans deux registres différents, les projets de General Electric ou d’Apple témoignent d’une volonté de réinvestir les trésors de guerre accumulés
Alexandre Garabedian
Les entreprises américaines mettent leur montagne de cash au travail - Photo : Fotolia
Les entreprises américaines mettent leur montagne de cash au travail - Photo : Fotolia  - 

La fameuse montagne de cash sur laquelle sont assises les grandes entreprises américaines va-t-elle enfin être réinjectée dans l’économie? Quelques signes le laissent espérer. L’intérêt porté par General Electric à Alstom s’appuie sur un trésor de guerre que le géant américain a accumulé au fil des ans hors des Etats-Unis et qu’il n’a pas rapatrié pour éviter d’être taxé.

La semaine dernière, Apple a annoncé une hausse de 8% de son dividende ainsi qu’une augmentation de 30 milliards, à 90 milliards de dollars, de son programme de rachat d’actions. Pour la première fois depuis 2006, la firme à la pomme a enregistré une baisse de sa trésorerie, de 159 milliards fin 2013 à 150,6 milliards à la fin du premier trimestre 2014.

Selon Moody’s, les grandes entreprises américaines disposaient à fin 2013 de 1.640 milliards de dollars de liquidités, en hausse de 12% sur un an. Avec un pointage différent, qui recouvre 2.300 sociétés non financières de l’indice Russell 3000, Bloomberg chiffre cette manne à plus de 2.000 milliards de dollars au 21 avril. Des sommes qui nourrissent tous les fantasmes en matière de relance des investissements, d’acquisitions d’envergure ou de retour aux actionnaires.

Mais «l’argument selon lequel la montagne de cash accumulée par les entreprises générera un rebond de l’investissement des entreprises aux Etats-Unis ou dans le monde est fragile», mettent en garde les économistes d’Aurel BGC, qui emploient même le terme de «mythe». Dix sociétés concentrent à elles seules 575 milliards de dollars de liquidités, dont six valeurs technologiques, Apple en tête. Et une part importante de ce cash est bloqué dans des filiales étrangères, pour des raisons fiscales ou de réglementation locale.

A court terme, cette question fiscale pourrait cependant inciter les entreprises américaines à se montrer plus actives sur le front des M&A hors de leur marché domestique. L’administration Obama, mais aussi les Républicains, inquiets de voir de grands corporates délocaliser leur résidence fiscale à l’occasion d’acquisitions d’envergure à l’étranger, planchent sur une réforme censée décourager ce mouvement. Celle-ci ne sera sans doute pas adoptée avant 2015. D’ici là, les grands groupes américains ont intérêt à déployer le cash qu’ils ont amassé hors de leurs frontières.

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