Les déboires de l’A400M ne font pas dérailler Airbus Group
Porté par le dynamisme de l’aviation civile, Airbus Group a poursuivi sa croissance rentable malgré les difficultés persistantes de l’avion de transport militaire A400M. Celles-ci ont entraîné une nouvelle charge de 290 millions d’euros dans ses comptes semestriels, pour un total dépassant désormais 5 milliards d’euros.
Certaines fonctionnalités de l’appareil «prennent plus de temps que prévu à être installées», a reconnu vendredi le PDG Tom Enders. L’avionneur européen, qui a repris ses livraisons d’A400M en juin, prépare avec ses clients un nouveau calendrier de développement des capacités militaires et de livraisons. Il discute d’une révision de la formule d’indexation du prix par rapport aux coûts, qui s’avère fortement défavorable en raison de la faible inflation en zone euro. Il assure ne pas avoir enregistré d’annulation de commandes sur cet appareil.
Tom Enders a par ailleurs indiqué être prêt à partager le capital du constructeur de missiles MBDA avec le britannique BAE Systems, après le désengagement envisagé de l’italien Finmeccanica qui dispose d’une participation de 25%.
Le chiffre d’affaires d’Airbus Group, en hausse de 15,6% au deuxième trimestre, a atteint 16,8 milliards d’euros, tandis que le bénéfice opérationnel (Ebit) avant exceptionnels a progressé de 15,2% à 1,2 milliard. Ces deux indicateurs ressortent supérieurs aux attentes des analystes. La trésorerie nette s’établit à 8,4 milliards d’euros à fin juin, contre 9,1 milliards au 31 décembre 2014.
Les analystes de CM-CIC Securities notent que «cette baisse temporaire provient d’un cash-flow libre avant opérations financières négatif de plus d’un milliard d’euros au premier semestre, pénalisé par une contribution négative du BFR et des investissements industriels d’un milliard d’euros». La cession de titres Dassault Aviation pour environ 1,7 milliard d’euros a néanmoins permis au cash-flow libre total d’être positif à hauteur de 549 millions. Airbus a précisé qu’il poursuivrait ce désengagement à partir de fin septembre, après la fin de la période de lock-up.
L’avionneur entend accélérer la montée en cadence de production de l’A350 et confirme son objectif d'équilibre financier du programme A380 d’ici fin 2015. Pour l’ensemble de l’exercice, il vise toujours un cash-flow libre à l’équilibre avant opérations financières ainsi qu’une progression de son chiffre d’affaires, de son bénéfice et de son dividende par action.
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