Les convertibles redeviennent attrayantes pour les entreprises européennes
La rentrée a été faste pour les obligations convertibles en Europe. En moins de deux semaines ont été annoncées sur le marché primaire près de 3 milliards d’euros d’émissions nouvelles à travers 8 opérations, contre 5 milliards émis durant le premier semestre et 8 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2011. Alors que 80% des montants levés entre janvier et juin émanaient d’entreprises allemandes (Siemens, Adidas, Lufthansa, TAG Immobilien), 40% des opérations annoncées depuis fin août concernent des sociétés françaises (Sofina-GDF Suez, GBL-Suez Environnement, Faurecia), la dernière émission en date étant l’«Ornane» d’Unibail-Rodamco pour un montant de 750 millions d’euros.
«Ce rebond a été déclenché par l’embellie du marché actions constaté durant l’été, qui s’est conjuguée à une demande forte des investisseurs depuis début 2012, restée insatisfaite jusqu’alors», explique Michael Maringe, responsable de l’origination ECM pour la France, la Belgique et le Luxembourg chez SG CIB. La faiblesse des taux d’intérêt et la faible volatilité des actions sous-jacentes ont également contribué à cette reprise. Celle-ci «a de bonnes chances de perdurer si la valorisation des marchés boursiers se maintient», estime Bruno Magnouat, responsable mondial de l’origination equity-linked au sein de cette même banque.
Le recours aux convertibles, qui restent un marché de niche, permet en effet aux entreprises de diversifier davantage leurs sources de financement dans un contexte de désintermédiation croissante des marchés de la dette en Europe. «Cela permet de lever rapidement des montants assez importants auprès des investisseurs européens, y compris en devises étrangères», relève Bruno Magnouat, en ajoutant qu’un rebond des opérations de fusions et acquisitions contribuerait également à stimuler l’utilisation de convertibles.
Nathalie Sabathier, responsable du développement de la société de gestion Acropole AM, note que les obligations convertibles sont de plus en plus utilisées par des PME désireuses de s’affranchir des financements bancaires. Tout en considérant que les émetteurs ont récemment fait preuve de «beaucoup d’opportunisme», elle se dit confiante sur la persistance d’un flux plus régulier de convertibles «qui permettrait de proposer aux investisseurs des conditions plus attrayantes, à la fois en termes de rendement et de niveau de valorisation».
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