L’Erafp vote contre la moitié des dividendes des sociétés françaises
Le fonds de pension public a dévoilé ses votes aux AG 2016. Il s’est opposé à 83% des «say on pay» et à un tiers des nominations d’administrateurs.
Publié le
Bruno de Roulhac
l’Erafp juge le taux de distribution trop élevé par rapport aux résultats.
-
Crédit Fotolia.
Un actionnaire engagé ! L’Erafp (Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique) a publié son bilan des votes aux assemblées générales 2016. Il concerne 40 sociétés françaises et 20 étrangères.
Les résultats ont de quoi inquiéter les émetteurs, si leurs autres actionnaires affichaient les mêmes exigences que l’Erafp. Le fonds de pension de la fonction publique s’est opposé à 32% des nominations ou renouvellements des administrateurs présentés dans les AG françaises et à 57% dans les AG étrangères. Il invoque l’absence de respect des règles de bonne gouvernance : la moitié d’administrateurs libres de conflit d’intérêts (ou un tiers dans les entreprises contrôlées), la féminisation d’au moins 35% des conseils, le cumul de plus de trois sièges d’administrateurs dans de grandes sociétés cotées. Toutefois, l’investisseur reste assez souple dans l’interprétation de ses règles, ayant pour premier objectif d’améliorer la composition du conseil. Il a ainsi soutenu des candidates, cumulant quatre mandats d’administratrices dans des conseils insuffisamment féminisés.
L’Erafp s’est opposé à 83% des résolutions sur le «say on pay» des sociétés françaises, contre une moyenne de 10% ; et à la totalité des rémunérations à l’étranger, contre 14% en moyenne. Rien de surprenant puisqu’il juge excessif les rémunérations supérieures à 100 Smic, soit 1,8 million d’euros. Or, seules 4 des 40 entreprises françaises suivies respectent ce plafond, la rémunération moyenne du premier dirigeant ressortant à 4,3 millions. Une moyenne qui grimpe à 7,1 millions pour les sociétés à l’international. En outre, le fonds responsable regarde la transparence de la rémunération, notamment sur les objectifs de performance, la part variable, les critères ESG et les retraites chapeaux.
Autre point de vigilance de l’Erafp, l’approbation des dividendes. L’an dernier, il a voté contre ces résolutions à 49% dans les sociétés françaises et à 57% pour les sociétés étrangères, alors que le taux moyen d’opposition était inférieur à 1%. Le fonds de pension juge le taux de distribution trop élevé par rapport aux résultats, compare le dividende avec la rémunération des salariés et des actionnaires, avec l’emploi, le niveau d’endettement et la capacité d’investissement. Quant aux rachats d’actions, de plus en plus fréquents, l’Erafp s’y oppose en période d’offre publique ou s’ils fragilisent la capacité d’investissement ou le niveau d’endettement.
La sicav d’accélération de sociétés de gestion indépendantes a fait entrer Axa, Crédit Agricole Assurances, l’Erafp, Société Générale Assurances et Suravenir à son tour de table.
Le baromètre ecoDa – Ethics & Boards 2026 montre que les conseils d’administration des grandes sociétés américaines sont mieux armés pour aborder ces défis.
Reputation Age dévoile la deuxième édition de son étude sur les résultats de vote par son assistant IA « ESG Bro ». Si toutes les résolutions sont adoptées chez Airbus, Danone et L’Oréal, il n’y en a que 20 % chez STMicro et 46 % chez BNP Paribas.
Un document de travail, dont le leader de Place publique s’est démarqué, avant sa révélation par Politico, suggère de désinvestir les classes populaires et les banlieues pour se concentrer sur un électorat « cible » en vue de la présidentielle de 2027 : des urbains, diplômés et aisés, jugés plus réceptifs à une offre sociale-démocrate
Guerre commerciale, IA et statut de Taïwan... Les sujets de discorde entre les deux dirigeants ne manquent pas, alors que l’ombre du conflit iranien plane sur leur rencontre
Attention collector ! Swatch et Audemars Piguet s'associent pour la Royal Pop, une collection de huit montres de poche en biocéramique inspirée de l'iconique Royal Oak, disponible dès le 16 mai en boutique.