Le rachat de LVL Médical par Air Liquide rend le secteur plus spéculatif
Le secteur de la santé a le vent en poupe. Air Liquide est entré en négociations exclusives avec les actionnaires de contrôle de LVL Médical détenant 70,49% du capital (autour de 53% pour la famille Lavorel, de 14% pour Malakoff Médéric et de 3% pour la famille Haby). Le spécialiste des gaz industriels est prêt à débourser 30,89 euros par action en numéraire, soit une prime de 90% sur le dernier cours, valorisant le prestataire de santé à domicile 326 millions d’euros. Une aubaine pour les cédants, conseillés par Oddo. LVL Médical avait racheté 6% de son capital en septembre 2010 et lancé une OPRA sur 15% de ses titres en février 2011, en offrant «seulement» 20 euros par action.
Le prix offert valorise les fonds propres de LVL Médical à 307 millions d’euros, soit une valeur d’entreprise (VE) de 396 millions, compte tenu d’une dette nette de 89 millions fin mars. Concomitamment au rachat du bloc de concert, la famille Lavorel rachètera 100% des activités allemandes de LVL Médical pour une VE de 80 millions d’euros.
Les multiples d’acquisition en VE ressortent ainsi à des niveaux élevés : 3 fois le chiffre d’affaires et 11,9 fois l’Ebitda 2011 (exercice clos fin septembre) des activités françaises de LVL Médical. Des ratios en ligne avec le secteur et les dernières transactions réalisées, le plus souvent dans le non-coté, explique Air Liquide. «A 16,9 fois la VE sur Ebit 2012 sur la base du prix de transaction, l’offre d’Air Liquide confirme clairement la sous-valorisation du secteur (9,1 fois pour Bastide et 5,9 fois pour Euromédis», note Gilbert Dupont, qui estimant «tout à fait envisageable» une opération de ce type sur Bastide (+11,66% en Bourse vendredi) et Euromédis (+ 6,79%).
Air Liquide poursuit ainsi sa stratégie de croissance externe de son pôle santé (14% du chiffre d’affaires du groupe en 2011), après les acquisitions du français Adep, et de l’allemand Licher en 2011, et se dit prêt à regarder d’autres opportunités. Toutefois, « les synergies, non chiffrées, devraient être limitées », estime CM-CIC.
A l’issue de l’acquisition de ce bloc de contrôle, Air Liquide, conseillé par BNP Paribas, lancera une OPA simplifiée, au même prix de 30,89 euros sur les actions et de 13,2 euros par bon de souscription et/ou d’acquisition d’actions remboursables (BSAAR). Après la finalisation, attendue au quatrième trimestre, Jean-Claude Lavorel continuera à diriger l’entreprise rachetée.
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