Le marché absorbe le placement d’actions GDF Suez par l’Etat
Après quatre opérations en 2013 (Safran deux fois, EADS et ADP), l’Etat actionnaire n’a pas manqué sa première cession de 2014. La vente des 3,1% au capital de GDF Suez, pour un montant d’environ 1,5 milliard d’euros, a été relativement bien absorbée hier. Le cours de l’action du producteur d’électricité a fini à 20,325 euros, au-dessus du prix de cession des titres (20,18 euros). Celui-ci offrait une décote relativement serrée de 3% par rapport au cours de mardi soir.
«Les valeurs défensives, offrant un bon rendement, profitent depuis quelques jours d’un afflux de liquidité au détriment des valeurs cycliques, ce qui a permis de bénéficier d’intérêts forts à la fois d’actionnaires déjà au capital de GDF Suez mais aussi de nouveaux investisseurs longs, européens et américains», explique une source de marché. Le bloc de 3,1% représentait une quinzaine de jours de Bourse. L’Etat avait peut-être aussi intérêt à agir rapidement. Le Conseil d’Etat devrait en effet se prononcer dans le courant du mois de juillet sur le contentieux entre GDF Suez et son concurrent Direct Energie au sujet de la formule de calcul des tarifs réglementés du gaz.
Il s’agit de la plus importante vente d’une participation publique depuis les 2,5% d’EDF placés fin 2007 pour 3,7 milliards d’euros. La somme doit contribuer à financer la montée probable de l’Etat au capital d’Alstom. Déjà, en 2004, la contribution de l’Etat au sauvetage d’Alstom, avec une prise de participation de 715 millions d’euros, avait été financée via le compte d’affectation spéciale alimenté par les cessions de titres d’entreprises publiques.
Les actions GDF Suez ont été placées par BofA Merrill Lynch, Citi, Goldman Sachs et la Société Générale. Cette dernière intervenait comme seul coordinateur global. La bonne tenue du cours de Bourse devrait leur permettre de gagner de l’argent sur le placement, alors que ce type d’exercice est toujours relativement risqué compte tenu de sa structure. Alors que les banques achètent les titres à un prix ferme négocié avec le vendeur, elles s’arrangent par la suite pour les replacer sur le marché en espérant une plus-value. Selon des sources de marché, BofA Merrill Lynch et JPMorgan ne seraient pas sortis gagnants du placement d’actions Saint-Gobain par Wendel début mai. Mais l’exercice est encore plus risqué avec l’Etat qui garde généralement pour lui 70% de la plus-value sans à avoir à supporter l'éventuelle moins-value.
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