Le Groupe Bolloré assoit son contrôle sur Havas
L’offre publique de rachat d’actions (OPRA) lancée par Havas le 22 mai sur 12% de son capital a connu un véritable plébiscite. Selon les résultats définitifs publiés hier auprès de l’Autorité des marchés financiers, 249 millions d’actions ont été présentées à l’offre, soit quasiment cinq fois plus que le nombre de titres visés initialement par le groupe de publicité. Les demandes des investisseurs seront donc réduites en proportion.
En retirant la participation cumulée du Groupe Bolloré et de ses différentes entités (141 millions d’actions, soit 32,8% du capital), qui avait annoncé qu’il ne participerait pas à l’opération, le nombre de titres présentés à l’offre porte sur 85% du capital flottant d’Havas et 75% des actions totalement éligibles à l’OPRA. Ces taux de participation sont nettement supérieurs à ceux constatés par Bouygues l’an dernier, lors de la précédente OPRA d’envergure lancée à Paris. La demande avait dépassé l’offre de 3,9 fois et elle représentait 56% du capital flottant.
Ce succès était prévisible, encore plus en période de déprime boursière. Les investisseurs profitent d’une OPRA pour vendre une partie de leurs titres quitte à les racheter à meilleur prix par la suite, l’offre accordant généralement une prime. Dans le cas d’Havas, les actions ont été rachetées 4,9 euros pièce alors que le cours de Bourse de l’agence a évolué depuis l’annonce du principe de l’opération fin mars entre 3,8 et 4,4 euros. Hier soir, elle cotait 3,962 euros, au même niveau qu’il y a trois mois. L’OPRA n’a donc été qu’un soutien tout relatif au cours de Bourse d’Havas, en lui permettant de limiter ses pertes par rapport à Publicis: -2,5% contre -8% depuis le mois de mars.
Cette opération permet en revanche au Groupe Bolloré d’augmenter mécaniquement ses intérêts, sans dépenser un euro, le coût total de l’OPRA (253 millions d’euros) étant supporté par la société. Une fois les titres apportés à l’OPRA annulés, la participation du groupe de Vincent Bolloré montera à 37,3%. Pour éviter d’avoir à lancer une OPA sur la totalité du capital, le Groupe Bolloré s’est engagé à ne pas augmenter «ultérieurement», directement et indirectement, sa participation au capital, sans précision de durée.
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