Le gestionnaire d’actifs Harris Associates met la pression sur Worldline
Le gestionnaire d’actifs américain Harris Associates, qui se présente comme le deuxième actionnaire de Worldline, a pressé mardi le spécialiste français des paiements de réorganiser sa gouvernance et d’accélérer son plan de transformation, dans un entretien au Monde.
«Worldline a conscience que des changements doivent intervenir, mais il doit agir plus vite», indique David Herro, l’associé qui pilote les placements de Harris Associates en dehors des Etats-Unis, dans les colonnes du Monde. Le gérant revendique 9,5% du capital de Worldline, juste derrière SIX, l’opérateur de la Bourse suisse, et devant le Crédit Agricole, qui vient de prendre 7% du groupe.
Harris Associates souhaite la nomination rapide d’un nouveau président, après le décès en décembre de Bernard Bourigeaud. Le successeur de ce dernier «devrait être choisi dans la deuxième quinzaine du mois de mars», a précisé au Monde le président par intérim de Worldline, Georges Pauget.
A lire aussi : Le Crédit Agricole à la rescousse de Worldline, un enjeu de souveraineté
Nouveau président
Selon David Herro, il reviendra à ce nouveau président de juger s’il faut remplacer l’actuel directeur général, Gilles Grapinet. «C’est la raison pour laquelle sa nomination est si importante», explique le gérant.
Harris Associates réclame aussi une évolution du conseil d’administration de Worldline, jugé «pléthorique». Il demande une baisse du nombre d’administrateurs au conseil, qui en compte aujourd’hui 16. «De quatre à six administrateurs devraient démissionner avant l’assemblée générale de juin 2024», selon David Herro.
L’action Worldline avait perdu près de 60% en une seule séance, le 25 octobre dernier, après un avertissement sur résultats. Le groupe a annoncé début février un plan de transformation qui passera par une réduction de l’effectif global de 8%.
Le fonds activiste britannique Bluebell Capital Partners a déjà réclamé, au début du mois, une évolution de la gouvernance de Worldline.
L’action Worldline perd 1,2% à 11,67 euros mardi après-midi.
Plus d'articles du même thème
-
Dépôts tokenisés : pourquoi les entreprises doivent s’y préparer dès maintenant
Dans cette tribune, Ouannessa Aissaoui, head of global payment solutions France chez HSBC, explique que face aux lourdeurs des circuits bancaires traditionnels, la blockchain et le règlement européen MiCA ouvrent la voie à une gestion continue et automatisée de la trésorerie des entreprises. -
Ces entreprises qui tentent de réduire leurs délais de paiement
Indicateur de suivi, fonds d'urgence dédié, ou amélioration des process, à l’occasion des Assises des délais de paiement et des financements, grands comptes et ETI ont témoigné de leurs méthodes pour essayer de réduire les délais de paiement. -
Quel scénario de déploiement pour l’euro numérique ?
Hervé Sitruk, président de France Payments Forum, propose de mettre en place un scénario de déploiement de l'euro numérique imitant celui de l'euro de 2002.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
Simple, vraiment ?Le parcours semé d’embûches du droit européen des affaires
Les institutions européennes tentent de faciliter la vie des entreprises, mais la simplification est un exercice complexe -
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat