Le fondateur de Meetic s’allège dans des conditions peu attrayantes
Six mois ont suffi à faire changer d’avis Marc Simoncini. Alors qu’il avait jugé en décembre 2010 que le moment n’était pas venu de sortir du capital de Meetic, le fondateur du site de rencontres a accepté hier de vendre 70% de sa participation à Match.com, le premier actionnaire du groupe. En prenant 16% du capital supplémentaire, la filiale de l’américain Interactive Corp détiendra ainsi un peu plus de 42% des intérêts de Meetic. Marc Simoncini, qui empoche dans l’opération 55,5 millions d’euros, conservera 7% du capital ainsi qu’une place au conseil d’administration. Les deux parties étaient liées depuis 2009 par un pacte d’actionnaires qui accordait à Match.com un droit de préemption sur les titres du fondateur du site de rencontres.
Ce n’est pas le prix qui a en tout cas convaincu Marc Simoncini mais sa volonté de sortir d’un métier mature (Meetic deviendra numéro un européen cette année) pour se consacrer à ses nouvelles activités (fonds de capital risque…). Le montant de 15 euros par action payé par Match.com est en effet jugé relativement faible par les analystes. Selon Cheuvreux, les 15 euros font ressortir des multiples bas, avec une valeur d’entreprise sur Ebitda de 6,1 fois et un cours sur bénéfice de 12,6 fois pour 2011. Natixis rappelle de son côté que Match.com a récemment racheté People Media à un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda de 6,9 fois. Enfin, en décembre 2010, lorsque Marc Simoncini avait renoncé à céder sa participation après une recherche d’acheteurs menée par la banque Messier Maris & Associés, le cours de l’action Meetic évoluait autour de 19 euros. Depuis, il n’a cessé de baisser.
Le prix de 15 euros est finalement assez proche que celui de Match.com avait payé lors de son entrée au capital de Meetic en 2009 lors du rapprochement de ses activités européennes avec le groupe de Marc Simoncini. En plus d’une somme en numéraire de 9,5 millions d’euros, il avait reçu un peu plus de 6 millions d’actions Meetic valorisées chacune à l’époque 16 euros.
Avec une prime de seulement 11,6% par rapport au dernier cours coté et nulle par rapport à la moyenne des trois derniers mois, l’OPA que Match.com prévoit de lancer dans les deux ou trois prochaines semaines pour donner aux minoritaires les mêmes conditions de sortie que celles de Marc Simoncini devrait recevoir un accueil froid. Le groupe américain s’y attend et a d’ores et a déjà indiqué que Meetic restera coté à la Bourse de Paris.
Plus d'articles du même thème
-
Une nouvelle cartographie remet les communes au centre des préoccupations climatiques
Un autre rapport sur l’assurabilité climatique offre une cartographie très différente de celle de l’observatoire de l’assurabilité des risques climatiques de la Caisse centrale de réassurance et réactive le débat entre maires et assureurs autour de la vulnérabilité des collectivités face au changement climatique. -
Le marché des CLO s’emballe en Europe
Longtemps marqués par le lourd héritage de 2008, les gérants et les investisseurs sont désormais dithyrambiques à propos des titrisations des prêts à effet de levier en Europe, également soutenues par un allègement de la réglementation. Mais l’explosion des fonds captifs dédiés aux tranches «equity» a réécrit les règles, et ce n’est pas sans risque. -
Le modèle intégré de SpaceX inspire les opérateurs de satellites
En rachetant Iridium pour près de 8 milliards de dollars, Rocket Lab couvrira l'ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à l'exploitation de constellations de satellites. Exactement comme SpaceX, dont l’IPO démesurée provoque une vague de consolidation dans le secteur.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrice de l'Opinion« L'espace va devenir une infrastructure critique pour notre économie et notre quotidien »
L'Europe peine à structurer sa stratégie spatiale face à la montée en puissance de la Chine et les défis de souveraineté posés par le New Space américain -
Union des droitesDevant les patrons, Sarah Knafo et David Lisnard listent leurs points communs
Réunis mardi pour un déjeuner-débat par le mouvement patronal Ethic, l'eurodéputée Reconquête! et le candidat Nouvelle Energie se sont présentés comme les deux seules voix libérales de la campagne présidentielle -
Clair-obscurElites, retraites, voile... Au RN, le mystère Bardella
A l’approche du 7 juillet, les dernières polémiques obligent le RN à répondre à une question longtemps ignorée : qui est vraiment Jordan Bardella en dehors de Marine Le Pen ? En interne, certains redoutent la réponse