Les actionnaires minoritaires rassemblés dans l'association Adamo saisissent la justice pour obtenir une assemblée générale
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photo Orpea
De l’intention aux actes. L’Association de défense des actionnaires minoritaires d’Orpea (Adamo) a annoncé jeudi qu’elle demanderait au Tribunal de commerce de Nanterre une assemblée générale du groupe de maisons de retraite lors d’un référé qui sera plaidé mardi 16 mai à 16 heures 30.
Dans un communiqué, Adamo a rappelé avoir demandé en avril aux dirigeants d’Orpea l’organisation d’une assemblée générale des actionnaires, afin que ces derniers puissent se prononcer sur le plan de restructuration de la société et sur la propositon alternative portée par Concert’O, le concert qui regroupe les actionnaires activistes Mat Immo Beaune et Nextstone, et le «Support Club», un groupe de créanciers non sécurisés qui représentent conjointement plus de 500 millions d’euros de dettes non sécurisées d’Orpea.
Le conseil d’administration d’Orpea avait alors refusé de convoquer une assemblée générale en indiquant que cette demande n'était «pas conforme à l’intérêt social de la société».
«Créée pour défendre les intérêts des actionnaires d’Orpea, déjà trompés une fois par une gouvernance inadaptée qui devait être contrôlée par les administrateurs mis en place par les grands actionnaires de la société, soit Peugeot Invest et [le fonds de pension canadien] CPPIB, l’association souhaite entendre la direction d’Orpea sur son plan de restructuration. Elle veut simplement que les plans du Groupement CDC et de Concert’O - Support Club soient présentés et comparés en assemblée générale. Il en va de l’intérêt social de l’entreprise», a précisé Adamo.
Soutien de Concert’O
L’initiative d’Adamo reçoit le soutien de Concernt’O. Ce tandem d’actionnaires composé de Mat Immo Beaune et Nextstone indique jeudi, dans un communiqué différent souhaiter «apporter tout son soutien à Adamo, l’association qui défend les intérêts des actionnaires minoritaires d’ORPEA dans sa démarche».
Les actionnaires minoritaires se coalisent depuis plusieurs semaines pour contester les conditions de la restructuration financière d’Orpea, dont l’architecture doit se traduire, au gré de trois augmentations de capital successives à venir, par un écrasement total de leurs positions, à moins de 1% du capital du groupe financièrement restructuré.
L’ire des actionnaires minoritaires ne retombe pas face à l’architecture du plan de sauvetage soutenue par la Caisse des Dépôts, une partie des créanciers non sécurisés et les équipes dirigeantes d’Orpea. Les opposants au plan principal de restructuration financière estiment que ce dossier aura valeur de test pour la crédibilité de la place parisienne vis-à-vis de préteurs privés internationaux.
Alors que les positions entre les créanciers et le premier actionnaire, Daniel Kretinsky, sont aux antipodes, le conseil d’administration du distributeur doit présenter un plan en espérant que les banques reverront leurs exigences.
La Banque des règlements internationaux a exposé ses propositions pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). L’institution donne l’impression de vouloir imposer aux banques européennes de nouvelles règles complexes, pas toujours adaptées.
Daniel Kretinsky d’un côté et les porteurs du prêt à terme de l’autre ont chacun soumis de nouvelles propositions pour restructurer l’endettement du distributeur. Les financements bancaires sont quasiment finalisés mais soumis à une entente des parties.
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