La rémunération des dirigeants devrait animer les AG 2011

InvestorSight relève la difficulté de concilier les exigences des dirigeants, des actionnaires et du politique
Bruno de Roulhac

«La saison des AG 2011 devrait connaître le retour des débats sur la rémunération des dirigeants», confie Bénédicte Hautefort, associée d’Ondra Partners et présidente d’InvestorSight. Notamment sur les critères de mesure de performance.

«Les rémunérations des dirigeants doivent concilier trois contraintes: les attentes des bénéficiaires, l’intérêt des actionnaires, et les mesures politiques (projets de fiscalisation accrue des retraites chapeaux et des stock-options), explique Bénédicte Hautefort. Or, depuis trois ans, la plupart des dirigeants ont dû se contenter de leur seule rémunération fixe. Les entreprises réfléchissent donc à d’autres modes de rémunération, notamment les plans de pensions et de rémunérations différées, encore peu réglementés. La pire solution serait l’augmentation des salaires, la plus destructrice de valeur pour l’actionnaire en raison du poids des charges patronales afférentes».

Selon une étude d’InvestorSight, 80% des entreprises du CAC 40 donnent les critères d’attribution des parachutes dorés, et 50% les critères d’attribution des stock-options et des actions gratuites. « Les entreprises qui ne communiquent pas leurs critères estiment souvent que la divulgation de critères de performance donneraient des informations à la concurrence, d’autant que les sociétés non cotées ne sont soumises à aucune obligation», ajoute Bénédicte Hautefort.

Le CAC 40 utilise six critères: l’atteinte de l’objectif de bonus, le cours de Bourse, la croissance des ventes, la solidité du bilan, le résultat opérationnel et le retour sur investissement.

A la différence du régime anglais, les critères sont alternatifs et non cumulatifs, ce qui est perçu comme une moindre exigence par les actionnaires. Seul Vivendi fixe des critères cumulatifs. «Le mouvement est en marche, et l’évolution peut être considérée comme très rapide pour des sujets aussi sensibles, poursuit Bénédicte Hautefort. Déjà beaucoup d’efforts ont été faits en deux ans avec le code Afep Medef».

Néanmoins, les actionnaires anglo-saxons «peinent à comprendre le système français où l’on vote sur une autorisation de plan, pas nécessairement mise en œuvre, alors que le système britannique prévoit un vote sur un plan qui va être appliqué, confie Bénédicte Hautefort. Ils sont ainsi souvent les premiers à contester ces résolutions». Aussi, plus que jamais le dialogue avec les actionnaires est nécessaire.

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