La raison pousse EDF à accepter une prolongation du pacte d’actionnaires sur Edison
Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.» Le vers de Jean de La Fontaine peut-être en tête, la direction d’EDF a finalement accepté une prolongation de six mois du pacte d’actionnaires qui le lie à A2A au sein du capital du producteur d’électricité italien Edison. Alors que celui-ci expirait hier, il a été prolongé jusqu’au 15 septembre prochain. «Si aucune objection au renouvellement du pacte d’actionnaires n’est notifiée par l’une des parties d’ici à la date limite du 15 septembre, celui-ci sera renouvelé pour trois ans supplémentaires», précise EDF.
Le groupe français est associé à parité avec Delmi, contrôlé par A2A, au capital du holding TdE. Ce dernier détient 60% du capital d’Edison. L’accord conclu hier prévoit que les conseils d’administration d’Edison et de TdE soient nommés pour un an par les prochaines assemblées générales des deux sociétés. Une façon pour les actionnaires de renforcer leur contrôle.
Lundi, la direction d’EDF, soutenue par son conseil d’administration, avait menacé de faire imploser le pacte. Mais cette dénonciation aurait été «le pire des scénarios pour EDF», selon Natixis, «dans la mesure où il priverait l’électricien français d’une opportunité à long terme, notamment en termes de positionnement gazier à l’échelle européenne». D’un autre côté, un rachat d’Edison (estimé à 1,5 milliard d’euros), techniquement et financièrement possible pour EDF, aurait été confronté à l’opposition des autorités italiennes, déjà critiquées en Italie depuis l’annonce du projet de rachat de Bulgari par LVMH. D’où la position plus raisonnable adoptée hier.
En acceptant ce délai de six mois, EDF garde intactes ses chances de prendre un jour le contrôle d’Edison. Le groupe pourra également connaître avec un peu plus de précisions la situation financière de l’italien. L’approbation des comptes 2010 par le conseil d’administration d’Edison a été reportée à la semaine prochaine. EDF aurait notamment demandé davantage de dépréciations pour mieux refléter la valeur des actifs gaziers d’Edison. Lundi, EDF avait prévenu qu’une prolongation du pacte devrait être mise à profit pour «poursuivre les négociations initiées entre les deux parties, dans l’objectif de permettre le renforcement industriel d’Edison dans le meilleur intérêt de l’entreprise et de l’ensemble des actionnaires».
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Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse