La Place souhaite une «Bourse de l’Entreprise» prioritairement française

Des répondants à la consultation de Nyse Euronext demandent une gouvernance qui associe le plus grand nombre de partenaires aux décisions
Bruno de Roulhac
Illustration: Agefi
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A l’occasion du séminaire «La Bourse et les PME» organisé hier à Nantes par l’AMF et Nyse-Euronext, Gérard Rameix, nouveau président de l’AMF, a déclaré que le projet de «Bourse de l’Entreprise» de Nyse-Euronext présente «des pistes intéressantes et porteuses d’avenir qui méritent néanmoins d’être encore approfondies, notamment au regard de leur faisabilité opérationnelle et juridique et plus particulièrement leur compatibilité avec le droit européen». Un point majeur souligné dans plusieurs réponses à la consultation sur la «Bourse de l’Entreprise» lancée au début de l’été et clôturée en début de semaine. L’AFG qui n’a pas formellement répondu à la consultation se dit très favorable à ce projet. «Si ce marché des PME-ETI est plus efficient, les sociétés de gestion pourront y investir plus facilement», confie Eric Pagniez, délégué général adjoint de l’AFG.

Gérard Rameix attend «avec une impatience non dissimulée que soit étudiée dès maintenant la question du type de plate-forme […]: moteur de cotation, statut juridique, cahier des charges précis, voire business plan». Toutefois, «l’important ce n’est pas tant l’option qui sera retenue in fine mais que l’opérateur de marché soit à l’écoute des PME et ETI et sache les convaincre dès lors que le bilan coûts/avantages d’une cotation est positif», conclut le président de l’AMF. Une nécessité pour redynamiser le financement des entreprises par le marché. Parmi les acteurs ayant rendu publique leur réponse à la consultation sur la «Bourse de l’Entreprise», l’Observatoire du financement des entreprises par le marché s’est félicité de ce projet regroupant les capitalisations inférieures à 1 milliard d’euros, tout en conservant la distinction entre marché réglementé et marché régulé. La Sfaf (Société française des analystes financiers), qui adhère aux propositions de l’Observatoire dont elle est membre, demande que soient accueillis sur cette nouvelle Bourse, «sans coût» seulement des émetteurs «de qualité, responsabilisés sur leurs engagements à venir, notamment en termes d’ouverture du capital». Ce qui pourrait nécessiter de faciliter la sortie de la cote de certaines sociétés.

L’Observatoire veut donner la priorité au marché boursier français, «compte tenu des besoins de financement de l’économie et de la volonté générale exprimée à plusieurs reprises par les acteurs de la Place», alors que le projet actuel est paneuropéen (Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne). Pour sa part, la Sfaf rappelle que ce projet est une initiative française et recommande un focus sur le marché national, en mettant l’accent sur la proximité, essentielle pour le suivi d’une valeur. MiddleNext demande même une présence en région «avec des représentants insérés dans le maillage local des professionnels du monde des affaires, à même d’attirer des investisseurs locaux».

L’Observatoire attend également des objectifs à moyen terme (nombre d’entreprises cotées, montant des capitaux levés, nombres d’opérations effectuées) et un business plan, précisant les équilibres économiques et les résultats prévisionnels. Ce qui suppose de prendre en compte les coûts humains et réglementaires mais aussi les tarifications appliquées.

Quant à l’ouverture du capital à des actionnaires impliqués dans le financement des entreprises, elle reste indissociable de la gouvernance. Le projet actuel prévoit que Nyse Euronext reste actionnaire majoritaire. Pour sa part, MiddleNext préconise une détention à 51% par les acteurs institutionnels et les acteurs de la Place «garants d’un alignement durable de la Bourse de l’entreprise sur l’intérêt général de financement du développement des PME et ETI en France». La CDC est déjà prête à entrer au capital. Toutefois, cette épineuse question du contrôle majoritaire pourrait être réglée par une gouvernance adaptée. L’Observatoire souhaite qu’elle associe le plus grand nombre de partenaires aux décisions stratégiques et opérationnelles, via le choix d’une structure à conseil d’administration avec président non exécutif et directeur général exécutif permanent. Le projet actuel privilégie une structure à conseil de surveillance avec un directoire piloté par Nyse Euronext.

Certains acteurs ont des attentes plus spécifiques. Ainsi, la Sfaf invite à «privilégier les investisseurs, à faciliter la liquidité du marché, en améliorant notoirement le dispositif actuel des ‘listings sponsors’, sans rejeter a priori le ‘market making’, explique Bruno Beauvois, son secrétaire général. Si le marché secondaire est efficient, le marché primaire suivra, et non l’inverse».

Quant au marché d’acclimatation, pour lequel Alternativa s’est déjà posé en candidat naturel, son opportunité n’a pas été suffisamment démontrée, selon l’Observatoire.

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