La gouvernance de Renault-Nissan à l’épreuve du consensus
Renault et Nissan engagent une révolution culturelle. Habitués pendant plus de dix ans à l’omnipotence de Carlos Ghosn, les deux constructeurs automobiles vont découvrir la gestion par consensus.
Le conseil opérationnel dévoilé hier sera chargé de piloter de façon équilibrée l’alliance entre Renault, Nissan et leur nouveau partenaire Mitsubishi. Les Japonais ont milité à plusieurs reprises dans le passé, et obtenu dans certains cas, une meilleure répartition du pouvoir de décision. La nouvelle organisation annoncée hier répond sur ce point à leurs attentes.
L’équilibre se retrouve dans la composition de ce conseil opérationnel. Les deux constructeurs japonais auront chacun un représentant, en la personne de leur directeur général respectif. Renault en aura également deux : son directeur et son président. Il est écrit que la présidence de ce conseil opérationnel reviendra au président de Renault.
Avec ce nouveau visage, les trois partenaires se disent en mesure de mieux faire rayonner l’Alliance. Il sera l’organe suprême de gouvernance des opérations des trois constructeurs. Il initiera les projets, constituera des comités opérationnels spécifiques et aura le pouvoir final de décision.
Vertueux sur le papier, ce fonctionnement consensuel résistera-t-il à l’épreuve des faits ? Comment seront gérés les arbitrages industriels, technologiques et sociaux ? Sans compter que la composition équilibrée entre Français et Japonais fait courir le risque qu’aucune majorité ne se détache sur les sujets les plus sensibles. L’absence de consensus se transformerait en immobilisme.
La création de ce conseil suprême a le mérite de répondre à la crise de gouvernance soulevée par l’arrestation et le limogeage de Carlos Ghosn, et d’aplanir toutes les dissensions.
Mais elle écarte aussi de fait la perspective d’une fusion pure et dure entre Renault et Nissan, opération tant redoutée par le camp japonais, inquiet de perdre définitivement la main sur son constructeur. Sur ce plan, le consensus ressemble à une victoire pour les Japonais.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
Contenu de nos partenaires
-
ConvergencesDroite et centre : un programme (déjà) commun pour 2027
En attaquant Gabriel Attal pour plagiat, David Lisnard montre qu'il existe quelques grands axes politiques autour desquels les candidats de l'ex-majorité présidentielle et Les Républicains peuvent s'entendre -
Présidentielle : la bataille du « socle commun » passe aussi par le Sénat
Les sénatoriales ne devraient pas bouleverser les équilibres de la Chambre haute. Mais l’arrivée probable d’un groupe RN et l’affaiblissement de la droite qu’elle entraînera, pourrait transformer le Palais du Luxembourg en terrain d’expérimentation de la présidentielle -
Spiritisme« En maintenant caché le Guide suprême, le régime iranien veut semer la confusion »
Le président iranien a évoqué une communication « difficile » avec Mojtaba Khamenei, qui n'est toujours pas apparu en public