La FDJ casse sa tirelire pour mettre la main sur la maison mère d’Unibet
Pari gagnant pour La Française des Jeux (FDJ). L’opérateur de jeux d’argent et de hasard réalise lundi l’une des plus fortes hausses du SBF 120, après avoir annoncé le lancement d’une offre publique d’achat (OPA) sur Kindred, propriétaire de la marque Unibet, sur la base d’une valeur d’entreprise de 2,6 milliards d’euros.
Cerise sur le gâteau : FDJ a également dévoilé un excédent brut d’exploitation (Ebitda) courant et un chiffre d’affaires supérieurs aux attentes au titre de l’exercice 2023.
A 13h30, l’action FDJ gagnait 5,7%, à 36,32 euros, portant sa progression à près de 10% depuis le début de l’année. De son côté, l’action Kindred bondissait de 16,5%, à 121,75 couronnes suédoises, à la Bourse de Stockholm.
«Cette acquisition donnera naissance à un champion européen au profil financier renforcé», mais également «fortement digitalisé et diversifié, tant en matière d’offre que d’implantation géographique», a indiqué FDJ dans un communiqué.
«Nous considérons cette étape comme positive étant donné l’ampleur qu’elle donnerait aux activités en ligne de FDJ, en particulier sur un marché très concurrentiel, où bâtir des marques de manière organique est extrêmement difficile», commente Stifel dans une note envoyée à ses clients.
L’offre de FDJ pour Kindred s'établit au prix de 130 couronnes suédoises par action, ce qui représente une prime de 24% par rapport au cours de clôture de vendredi.
L’acquisition serait ainsi réalisée sur un multiple Ebitda sur valeur d’entreprise d’environ 11 fois, ce qui est en ligne avec le multiple de 10 fois payé pour le rachat, annoncé en juillet 2023, de Premier Lotteries Ireland (PLI), l’opérateur de la loterie irlandaise, ajoute l’intermédiaire financier.
FDJ a été conseillée par Goldman Sachs et Valens Partners, la boutique M&A de Pierre Hudry, ancien patron de la banque d’affaires américaine en France. PJT Partners, Morgan Stanley, Canaccord et Jefferies épaulent le vendeur.
Effet relutif de plus de 10% sur le dividende
Sur une base pro forma, le groupe combiné affichera un produit brut des jeux (PBJ) annuel d’environ 8 milliards d’euros, un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros et un Ebitda avoisinant les 860 millions d’euros.
Ce rachat permettra d’accroître le poids de l’international à 20% du PBJ, contre 6% actuellement pour FDJ, ainsi que le poids du digital à 29% du PBJ, contre 14% aujourd’hui.
L’opération devrait également avoir un effet relutif supérieur à 10% sur le dividende par action, dès celui versé au titre de l’exercice 2025, a ajouté la société.
«Le groupe combiné a vocation à opérer uniquement sur les marchés régulés localement», ce qui se traduira par la sortie du marché norvégien, a déclaré Stéphane Pallez, la PDG de FDJ, lors d’une conférence de presse. Le futur groupe devrait néanmoins maintenir sa présence en Finlande, où la réglementation devrait évoluer, a ajouté la dirigeante.
«Cette acquisition nous permet de bénéficier d’un effet de taille et d’outils technologiques supplémentaires», a également souligné Stéphane Pallez.
Comptant plus de 2.400 employés et 1,6 million de clients actifs, Kindred a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires après taxes sur les jeux de 893 millions de livres sterling (environ 1 milliard d’euros). L’excédent brut d’exploitation (Editda) est ressorti à 205 millions de livres, traduisant une marge de 23%.
FDJ entend financer cette acquisition en mobilisant «une large part de ses liquidités et via un crédit relais auprès de banques françaises de premier plan», a indiqué l’opérateur de jeux d’argent, qui a par ailleurs confirmé son objectif de moyen terme d’un ratio dette financière nette sur Ebitda courant inférieur ou égal à 2 fois.
L’OPA sera ouverte le 19 février pour une période de neuf mois maximum. L’opération est soumise à l’obtention des autorisations réglementaires, notamment celles de l’autorité suédoise des marchés financiers et de l’Autorité de la concurrence en France. Plusieurs actionnaires représentant 27,9% du capital, se sont déjà engagés à apporter leurs titres. C’est notamment le cas de Corvex Management, qui détient 16,6% des actions, de Premier Investissement (4%), d’Eminence Capital (3,5%), de Veralda Investment (2,3%) et de la banque Nordea (1,5%).
Marge de 25,1% en 2023
L’an dernier, FDJ a réalisé un chiffre d’affaires de 2,62 milliards d’euros, en progression de 6,5% par rapport à 2022. A périmètre comparable, les revenus du groupe ont progressé de 2,8%. FDJ tablait sur une croissance à périmètre comparable comprise entre 1,5% et 2% pour 2023.
L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) courant a atteint 675 millions d’euros en 2023, reflétant une marge de 25,1%, après 590 millions d’euros et 24% en 2022.
«Ce taux [de marge] élevé tient compte du niveau exceptionnel de résultats sportifs très favorables à l’opérateur en fin d’année et d’une reprise de provisions relatives à des litiges avec d’anciens courtiers-mandataires», a souligné FDJ dans un communiqué.
Les analystes sondés par FactSet tablaient sur un chiffre d’affaires de 2,59 milliards d’euros et un Ebitda courant de 621 millions d’euros.
A lire aussi : Fusions-acquisitions : les meilleures banques conseils de 2023
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