La consolidation reste l’horizon des géants de la consommation
Nul ne sait si l’opération se fera. Mais l’offre de Kraft Heinz rejetée par Unilever prouve que pour les géants des biens de consommation, l’avenir reste à la consolidation, dans une logique défensive faite de rationalisation et de baisse agressive des coûts.
Le tandem qui contrôle Kraft Heinz, le fonds brésilien 3G et le holding de Warren Buffett Berkshire Hathaway, la connaissent bien puisqu’ils l’avaient déjà suivie pour rapprocher leurs deux entités à la mi-2015.
Or les conditions de l’époque sont largement celles qui prévalent aujourd’hui.
La croissance du marché des produits grand public traditionnels n’est guère tonique. C’est vrai dans les pays développés mais aussi dans les émergents.
Or Unilever y est très présent, surtout en Inde et au Brésil. D’où un exercice 2016 en demi-teinte en termes de résultats et décevant en termes de ventes. Leur croissance ralentit depuis 18 mois.
Le résultat, c’est une performance boursière médiocre, avec une progression depuis un an de moins de 10% avant l’annonce de l’opération pour un indice de la bourse de Londres en hausse de 20%.
De son côté, Kraft Heinz n’a pas fait d’étincelle non plus, avec un titre en hausse de 13% depuis sa fusion, en ligne avec celle de l’indice Standard & Poor’s 500.
Mais ses équipes ont montré un redoutable savoir-faire dans la chasse aux coûts qui atteint ses limites en son sein. Recommencer sur une plus vaste échelle est d’autant plus tentant que le cours de la livre est bas.
Bien sûr, les régulateurs de la concurrence ne seront pas forcément consentants. Mais dans ce domaine là aussi, la maîtrise du groupe américain est grande. C’est pourquoi les traders lui ont donné sur la nouvelle un tel coup de chapeau en Bourse.
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