La Bourse ne laisse plus rien passer
Bouygues, Michelin, Sopra Steria ou bien encore Daimler en Allemagne, l’ont une nouvelle fois constaté vendredi : la Bourse ne laisse plus rien passer.
La révision en baisse de leurs objectifs financiers a provoqué de violents retour de bâtons. Bouygues a chuté de plus de 10%. Sopra Steria s’est effondré de 25%.
Ces sociétés évoluent sur des secteurs différents, répondant chacun à des logiques et des cycles propres. Difficile donc de trouver un mal commun pouvant expliquer le dérapage de leurs objectifs financiers.
En revanche, la réaction boursière illustre parfaitement l’extrême nervosité actuelle des investisseurs qui, à la moindre déception, prennent leurs jambes à leur cou.
Plusieurs éléments expliquent cette sensibilité à fleur de peau.
La guerre commerciale tout d’abord. Les tensions internationales parasitent inévitablement l’activité. Soit directement, en réduisant les échanges ou en augmentant les droits de douanes. Soit indirectement, en alimentant l’inflation de certaines matières premières ou en accentuant la nervosité des devises.
La remontée des taux longs ensuite. En repassant au-dessus des 3%, les taux américains ont provoqué d’importants glissements de terrains sur les marchés. Et même si elle était attendue, cette remontée des taux finira par se retrouver dans les marges des entreprises, via la hausse des charges financières.
Enfin, comme lors de la correction de février, les entreprises sont victimes du syndrome du point haut qui, par essence, rapproche un peu plus le marché d’une correction.
Résultat, seul un maintien à des niveaux élevés du rythme de croissance du chiffre d’affaires et du niveau de profitabilité permet de justifier des cours de Bourse proches de leurs plus hauts. Le moindre écart suffit à réveiller le doute dans l’esprit des investisseurs. La quinzaine d’entreprises du CAC 40 qui publient leurs chiffres d’affaires ou leurs résultats cette semaine sont prévenues.
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