Itas Tim favorise la dette unitranche pour financer sa croissance

Le radiodiffuseur, concurrent de TDF, a privilégié ce montage par rapport à une dette bancaire classique compte tenu de ses capex élevés
Alexandre Garabedian

La souplesse de la dette unitranche a conquis Itas Tim. L’entreprise familiale spécialisée dans les antennes et la radiodiffusion a monté auprès de Tikehau IM et Macquarie un financement qui pourra aller jusqu’à 255 millions d’euros. Conseillée par Oddo Corporate Finance et Weil Gotshal, l’entreprise espère ainsi financer avec la latitude nécessaire ses ambitions de croissance externe et organique.

De maturité 7 ans, la dette unitranche est payable in fine. Elle servira à rembourser une dette bancaire de 15 millions, mais surtout, à financer les fortes dépenses d’investissement (capex) du groupe, et d’éventuelles acquisitions grâce à des tirages ultérieurs. Itas Tim, qui équipe 380 sites sur le réseau secondaire de diffusion TNT, entend se développer sur les 112 sites que compte le réseau primaire et sur le marché de la radiodiffusion.

«Des capex élevés sont difficilement compatibles avec les frais financiers liés chaque année à de la dette senior amortissable classique», souligne un proche du dossier. Par ailleurs, même si le chiffre d’affaires de la société et son Ebitda sont censés doubler chaque année, le levier élevé pouvait décourager les banquiers traditionnels. De sources proches du dossier, le montage ferait ressortir un levier d’environ 5 fois l’Ebitda pour la portion couvrant le remboursement de la dette existante et les capex. Les parties prenantes ne souhaitent pas dévoiler le montant de l’enveloppe qui pourrait être consacrée à la croissance externe.

L’option d’un financement associant dette bancaire senior et dette mezzanine, un temps à l’étude, a donc été écartée. Le coût de la dette unitranche serait aujourd’hui proche de 10%, mais à un chiffre. Il sera évolutif, en fonction du volume d’acquisitions et du levier qui en résulterait.

Les occasions ne devraient pas manquer sur un marché des tours de diffusion où la concurrence s’accroît face au mastodonte TDF. Le numéro deux français de la radiodiffusion, TowerCast, filiale de NRJ, fait l’objet de rumeurs de vente depuis plusieurs mois, mais vient de racheter en juin l’activité broadcast de Lagardère. Dans l’activité télécoms, où Itas Tim est moins présent, la consolidation des opérateurs et leur volonté de réduire leurs coûts redessine la carte des antennes.

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