HP a perdu 33 milliards de dollars de capitalisation sous Léo Apotheker
Fiorina, Dunn, Hurd, Apotheker. HP pourrait obtenir sans conteste la palme de la plus grande instabilité de direction. En un peu plus de cinq ans, le groupe d’informatique américain a épuisé quatre présidents ou directeurs généraux, sans compter les intérimaires. Dans le même temps, son cours de Bourse a chuté de 28% quand celui de son concurrent IBM, dont la gouvernance est nettement plus stable, doublait. Sous Léo Apotheker, dont le départ a été officialisé hier soir, la capitalisation de HP s’est effondrée de 33 milliards de dollars en dix mois de direction générale. L’ancien dirigeant du groupe de logiciels allemand SAP est remplacé par Meg Whitman, membre du conseil d’administration de HP et ancienne directrice générale d’eBay.
Mais cette instabilité ne frappe pas que la direction générale de HP. Même le conseil d’administration a connu des mouvements répétés. Sur les treize administrateurs réélus en mars dernier, neuf ont pris place autour de la table en 2009 ou après. Une agitation rare selon les experts du cabinet de conseil GovernanceMetrics International. D’autres mouvements sont annoncés. Dans un document transmis à la SEC le 9 septembre, HP avertit du départ lors de la prochaine assemblée générale de Dominique Sénéquier. Proche de Léo Apotheker, ancien membre du conseil de surveillance d’Axa, la directrice générale d’Axa PE avait rejoint le conseil de HP cette année.
Les investisseurs espèrent que le nouveau changement à la tête de HP s’accompagne d’un revirement de stratégie. Officiellement lancée, l’acquisition de la société de logiciels britannique Autonomy pour plus de 10 milliards de dollars ne peut être annulée, à moins de prendre le risque de multiples et coûteux procès. En revanche, il est possible que le groupe annule, sinon suspende, le projet de scission ou de vente de la division d’ordinateurs personnels. Celui-ci n’a jamais convaincu. Il est même à l’origine des tensions au sein du conseil. Depuis son annonce le 18 août, le cours de Bourse de HP s’est effondré de 30%, alors que le S&P 500 n’a chuté que de 5%.
Avec une capitalisation tombée à 45 milliards de dollars, HP vaut aujourd’hui environ 0,35 fois la prévision de chiffre d’affaires pour 2012, cinq fois moins qu’IBM, et même moins que Dell (0,4 fois), considéré pourtant jusqu’alors comme le mauvais élève de la technologie américaine.
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