Hermès gâte ses actionnaires après des résultats flamboyants
Le groupe de luxe Hermès a annoncé vendredi le versement d’un dividende exceptionnel en complément d’un dividende ordinaire en hausse au titre de 2023, après avoir enregistré des résultats supérieurs aux attentes.
En réaction, le titre s’est adjugé 4,8% à 2174,50 euros, inscrivant au passage un nouveau record historique à 2.205,5 euros. Par la même occasion, Hermès devient la deuxième capitalisation boursière de la place de Paris devant L’Oréal a perdu 7,6% après la publication de résultats annuels inférieurs aux attentes.
Le groupe a l’intention de verser un dividende de 15 euros par action au titre de l’exercice 2023, après 13 euros pour 2022, et de payer un dividende exceptionnel de 10 euros par action.
Ces versements seront soumis au vote des actionnaires réunis en assemblée générale le 30 avril prochain. Lors d’une conférence avec des analystes et des journalistes, le gérant d’Hermès, Axel Dumas, a souligné qu’il s’agissait du troisième dividende exceptionnel proposé depuis 2013, date de son arrivée à la tête du groupe.
Supérieur aux attentes
Le groupe a fait ces annonces après avoir vu son chiffre d’affaires progresser de 15,7% en données publiées et de 20,6% à taux de change constants en 2023 par rapport à 2022, pour atteindre 13,43 milliards d’euros.
Le résultat net part du groupe familial s’est établi à 4,31 milliards d’euros en 2023, contre 3,37 milliards d’euros en 2022. Le résultat opérationnel courant (ROC) a atteint 5,65 milliards d’euros l’an passé, contre 4,7 milliards en 2022. Il fait ressortir une marge opérationnelle de 42,1%, contre 40,5% un an plus tôt.
Selon un consensus compilé par FactSet, les analystes anticipaient un résultat net de 4,05 milliards d’euros, un résultat opérationnel courant de 5,51 milliards d’euros et un chiffre d’affaires de 13,35 milliards d’euros.
Mieux que ses pairs au quatrième trimestre
Au seul quatrième trimestre, les ventes ont crû sur un an de 12,5% en données publiées et de 17,5% à taux de change constants, à 3,36 milliards d’euros. Les analystes tablaient en moyenne pour le quatrième trimestre sur un chiffre d’affaires de 3,28 milliards d’euros.
A taux de change constants, le sellier a enregistré une croissance de 18,6% de son activité en Europe, France comprise, au cours des trois derniers mois de 2023 par rapport à la même période de 2022. Ses ventes ont également crû dans les zones Asie (+14,8%) et Amériques (+21,6%).
Les ventes ont progressé «en dépit d’une base de comparaison particulièrement élevée en Amérique et en Asie», a souligné Hermès.
La croissance du groupe sur la période d’octobre à décembre dépasse en outre celle ses pairs, LVMH et L’Oréal ayant dans le même temps enregistré une hausse organique des ventes de respectivement 10% et 6,9%, tandis que Kering a accusé un repli de 4%.
A lire aussi: Les entreprises familiales réussissent mieux avec moins de R&D
Confiance dans le marché chinois
Hermès a indiqué aborder l’année 2024 «avec confiance, fort de son modèle artisanal fortement intégré, de son réseau de distribution équilibré, de la créativité de ses collections et de la fidélité de sa clientèle».
Le groupe, qui augmente traditionnellement ses prix en début d’année, a indiqué que les hausses se situaient en moyenne autour de 8% à 9% cette année, à comparer à 7% en 2023.
«A moyen terme, en dépit des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde, le groupe confirme un objectif de progression du chiffre d’affaires à taux constants ambitieux», a répété Hermès.
En particulier, le groupe reste «très confiant sur le marché chinois à moyen et long terme», a souligné Axel Dumas. «Les résultats jusqu'à présent nous donnent raison», a ajouté le dirigeant.
S’il est trop tôt pour évoquer le début de 2024, en particulier en raison d’un Nouvel An chinois plus tardif cette année qu’en 2023, Hermès ne voit «pas de rupture de tendance en Chine pour le moment», a indiqué Axel Dumas. Le Nouvel An chinois sera célébré le 10 février cette année, après fin janvier en 2023.
Plus d'articles du même thème
-
Hermès à l'épreuve de la maturité de son modèle
Le dogme de la rareté, pierre angulaire de la stratégie du sellier, se heurte à une cyclicité accrue et à la montée en puissance des concurrents. Simple respiration du cycle ou remise en cause plus profonde du modèle ? Les investisseurs hésitent. -
Dell entre à son tour dans le cercle des grands gagnants de l'IA
Le constructeur d'ordinateurs est à la fête en Bourse après l'annonce de résultats fortement portés par les besoins des géants de l'intelligence artificielle en matière de serveurs et d'infrastructures. -
Derichebourg décolle en Bourse après ses résultats semestriels
Le spécialiste du recyclage a relevé son objectif annuel d'excédent brut d'exploitation après un premier semestre encourageant.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
- Avec BMW, Airbus et EDF, Mistral AI se déploie dans l’ingénierie industrielle
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
Contenu de nos partenaires
-
Donald Trump aimerait « rencontrer » le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei
« Nous allons probablement nous rencontrer », a déclaré Donald Trump à propos de l'ayatollah Mojtaba Khamenei dans une interview au New York Post. Selon Washington, le guide suprême iranien serait « de plus en plus impliqué » dans les décisions de la République islamique -
A l’attaqueLes chinois Anta et Li-Ning prêts à tacler Adidas et Nike
Après avoir consolidé leur place sur leur propre marché, les équipementiers chinois prennent pied aux Etats-Unis -
Les Etats-Unis veulent instaurer de nouveaux droits de douane, au nom de la lutte contre le travail forcé
Désavouée par la justice, l'administration Trump souhaite imposer de nouveaux droits de douane de 10 à 12,5 % à une soixantaine de partenaires commerciaux, dont l'Union européenne. Washington leur reproche de ne pas s'attaquer au problème du travail forcé