Google, un premier rappel à l’ordre pour la forme
C’est une grande première en Europe. La Cnil, la Commission nationale informatique et libertés, vient d’infliger une sanction pécuniaire de 50 millions d’euros à Google pour non-respect du RGPD, le règlement européen sur les données personnelles qui est entré en vigueur le 25 mai 2018.
L’autorité a jugé que Google ne recueillait pas dans les règles le consentement de ses clients pour utiliser leurs données à des fins personnelles. En refaisant le parcours d’un utilisateur de smartphone fonctionnant sous Android, les enquêteurs de la Cnil ont pu constater qu’il fallait accepter en bloc les conditions de Google pour y ouvrir un compte, mais aussi que l’affichage de publicités personnalisées est cochée par défaut. Par ailleurs, la Cnil estime que le groupe américain n’informe toujours pas clairement les particuliers de l’exploitation qu’il fait de leurs précieuses données. L’information pertinente est fractionnée, et il faut jusqu’à cinq ou six clics pour y accéder.
La décision de la Cnil fera date, car elle constitue la première salve adressée à un représentant des Gafa par le biais du règlement RGPD. L’autorité avait été saisie dès le mois de mai 2018 par deux ONG. A l’échelle de Google, ces 50 millions d’euros d’amende restent toutefois dérisoires, et bien éloignés des milliards d’euros de sanctions que les services de la concurrence de la Commission européenne infligent à ces mêmes Gafa. Ils correspondent au plafond du barème RGPD que la Cnil a jugé possible d’appliquer.
Entretemps, Google a trouvé la parade pour contourner le gendarme français, qui reste saisi d’autres plaintes. A compter de ce 22 janvier, c’est à partir de sa filiale en Irlande, et non aux Etats-Unis, que le moteur de recherche gérera l’utilisation des données personnelles de ses clients. Ce sera donc à l’équivalent irlandais de la Cnil de traiter ce genre de procédures. Elle devrait le faire bientôt pour Facebook, tandis que la Cnil luxembourgeoise aura à se prononcer sur la politique d’Amazon.
Plus d'articles du même thème
-
Diana Hazvartian (CDC) : "Les taux de défaut sur la dette privée sont historiquement bas en Europe"
Selon la responsable des investissements en dette privée de la Caisse des dépôts, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de dette privée. Néanmoins, il convient de rester vigilant sur cette classe d'actifs dont le marché est en plein essor. -
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
PARTENARIATQuelles perspectives pour un marché de l’épargne en pleine transformation ?
Julien Ducoup, Partner, Responsable du secteur de l’assurance et Nicolas Boulay, Partner, Assurance, au sein de Square Management, évoquent dans cette interview vidéo les thèmes qui seront débattus lors de cet évènement, le jeudi 18 juin prochain, à partir de 17h30 au Shangri-La. -
PARTENARIATRéinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface.
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
Des transactions automatisées via l’IA : les limites du système de paiements de Mastercard
Le géant américain des paiements dévoile un système permettant des règlements automatiques à grande vitesse sans intervention humaine. Une révolution qui fascine autant qu'elle interroge en termes notamment de sécurité cyber et de responsabilité légale -
EditorialLe double but contre son camp de Radio France
Mercredi, l’Arcom a adressé à Radio France une mise en demeure pour « sous-représentation » du Rassemblement national. Pendant la campagne des municipales, France Inter et France Info ont très majoritairement diffusé la parole du parti d’extrême droite… en pleine nuit -
Tribune libreDéfense : Berlin a tranché. Ce sera Washington et Tel-Aviv – pas Paris
S’il fallait un symbole de notre marginalisation, ce serait le bouclier antimissile européen, l’European Sky Shield porté par l’Allemagne. Couche basse allemande, couche moyenne américaine, couche très haute israélienne, et un système de commandement central confié à ceux qui, à Haïfa et Tel-Aviv, ont appris à intercepter sous le feu