General Electric sort de l’ère des grands conglomérats
Les grands conglomérats industriels ne font plus recette. General Electric vient d’en tirer les conséquences logiques en annonçant mardi un démantèlement partiel. John Flannery, le nouveau directeur général du groupe, entend scinder dans les 12 à 18 prochains mois sa lucrative division santé, dont il distribuera 80% de la valeur à ses actionnaires actuels. Il compte aussi sortir d’ici 2 à 3 ans de sa filiale de services pétroliers Baker Hughes. Quant au pôle de services financiers GE Capital, déjà mis au régime au lendemain de la crise financière, il subira une nouvelle cure d’amaigrissement.
Au terme de ce vaste plan, c’est donc un nouveau General Electric qui verra le jour, recentré sur l’aéronautique, l'électricité et les énergies renouvelables. Le groupe abandonne quelques beaux relais de croissance, mais il s’allégera aussi de 25 milliards de dollars de dette. Les mesures annoncées mardi sont à la mesure du désamour qui entoure le conglomérat. Celui-ci a perdu en deux ans les deux tiers de sa valeur boursière. Symbole de cette dégringolade, General Electric a annoncé son plan le jour même où son action se faisait éjecter de l’indice Dow Jones des 30 plus grosses valeurs industrielles américaines, après 109 ans de présence ininterrompue. Les investisseurs attendaient de vraies réponses de la part de John Flannery, et ils n’ont pas été déçus. Le cours de l’action a ouvert la séance sur une hausse de 5,5%.
Le cas GE rappelle celui de son grand concurrent européen Siemens. Le conglomérat allemand, qui s’apprête à absorber Alstom, se désengage lui aussi de certains métiers, mais pas de manière aussi spectaculaire. Il a mis en Bourse mi-mars sa division santé, et a démenti la semaine dernière vouloir céder ses turbines à gaz. Siemens pourrait toutefois dévoiler au mois d’août une profonde réorganisation.
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