Gameloft sort une pilule empoisonnée pour contrer Vivendi
Quand la chasse est ouverte, toutes les ruses sont permises au gibier pour décourager le chasseur. Gameloft n’en est pas avare pour échapper à Vivendi.
Après avoir déposé un recours devant la cour d’appel sur la conformité de l’offre d’achat du géant des médias, l’éditeur de jeux pour mobile s’est doté d’une pilule empoisonnée destinée à rendre plus incertain le maintien des cerveaux-clés dans l’entreprise en cas de victoire du prédateur.
Gameloft a conclu avec quelques dizaines d’entre eux, en France et à l’étranger, des avenants à leurs contrats prévoyant le versement d’indemnités en cas de changement de contrôle de la société.
Ils auront donc dans ce cas toute latitude de partir avec des parachutes agréables.
Au total, les montants de ces indemnités ne sont pas considérables, à peine supérieurs à 10 millions d’euros.
Mais le départ simultané de plusieurs dizaines de créatifs dévaloriserait l’entreprise au détriment bien sûr de son nouveau propriétaire.
Ce mode de protection est inhabituel en France mais pas à l’étranger. En 2008, Yahoo y avait eu recours en grand face à l’OPA de Microsoft, avant d’en réduire la portée devant la bronca de ses actionnaires.
Reste à savoir quel effet dissuasif ce dispositif pourra avoir dans le cas de Gameloft.
Plus important sera sans doute, pour l’issue de l’OPA, le devenir de la participation que le fonds Amber Capital a discrètement amassée pour détenir près de 15% du capital.
En vendant à Vivendi où aux actionnaires de Gameloft en fonction du prix que chacun est prêt à accepter, c’est bien à lui, plus qu’à la Justice ou à la décision personnelle de tel ou tel salarié de rester ou de quitter l’entreprise, qu’il reviendra d’arbitrer la bataille en cours.
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