Eurofins Scientific passe à la vitesse supérieure en matière de croissance externe

Le groupe de bio-analyse va racheter pour 185 millions d’euros l’américain ViraCor-IBT, contrôlé par le fonds de private equity Ampersand
Yves-Marc Le Réour

Eurofins Scientific élargit sa palette de compétence outre-Atlantique. Le fournisseur de services de bio-analyse va racheter l’américain ViraCor-IBT Laboratories pour un environ 255 millions de dollars (185 millions d’euros), montant susceptible d’être légèrement ajusté à la clôture de la transaction. Spécialisé dans les tests moléculaires pour le compte d’hôpitaux, de médecins ou de sociétés pharmaceutiques, ViraCor-IBT était jusqu’ici contrôlé par le fonds de capital-investissement Ampersand Capital.

Ce rachat, qui devrait être bouclé d’ici au début juillet, constitue une transaction de taille significative pour le groupe français qui a dépensé l’an dernier 86 millions d’euros pour effectuer dix acquisitions lui rapportant au total 120 millions d’euros de revenus annualisés complémentaires. Au cours des quatre premiers mois de 2014, il a par ailleurs conclu huit opérations (notamment DDS aux Etats-Unis, Omegam aux Pays-Bas et Applus Agrofood en Espagne) qui devraient générer un chiffre d’affaires cumulé de 70 millions d’euros, à comparer à des revenus proche de 60 millions d’euros attendus pour ViraCor-IBT en 2014.

Les principaux domaines d’expertise du laboratoire américain sont l’immunologie, les maladies infectieuses et les affections allergiques. Grâce à plus de 2.000 tests disponibles, l’entreprise, dont le siège social est situé dans le Missouri, peut fournir à ses clients des résultats d’analyse «dans un délai inférieur à 10 heures». Sa marge brute d’exploitation de plus de 30% est largement supérieure à celle de 18% anticipée par Eurofins pour l’exercice en cours.

Après avoir enregistré une progression de 13% de ses revenus à 304 millions d’euros au premier trimestre (dont 8% au titre de la croissance organique), Eurofins se verra donc largement conforté dans son objectif d’atteindre «1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’année». A fin décembre 2013, sa dette nette de 387 millions d’euros, avec une maturité moyenne d’environ 6 ans, équivalait à 1,76 fois son excédent brut d’exploitation ajusté, un niveau deux fois moins élevé que le niveau maximal de ses covenants financiers. Des facilités de crédit bilatérales de 350 millions d’euros mises en place l’an dernier lui offrent une souplesse supplémentaire pour procéder le cas échéant à d’autres acquisitions dans les prochains mois.

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