Eurofins réfute les accusations de Muddy Waters
Le laboratoire d’analyses Eurofins regagne du terrain en Bourse, après avoir rejeté les accusations formulées contre lui par le fonds spéculatif Muddy Waters dans un rapport publié lundi, qu’il qualifie d’inexactes et malveillantes.
L’action Eurofins a clôturé la séance de mardi en hausse de 4,1%, à 46 euros. Le titre avait chuté de 16,2% lundi à la suite des attaques du hedge fund. L’opposition entre Muddy Waters et Eurofins «devrait animer le titre pendant quelque temps», commente Invest Securities dans une note envoyée à ses clients.
Le rapport publié lundi par Muddy Waters contient des allégations «soit inexactes, soit non pertinentes, soit partiales et/ou trompeuses», a affirmé Eurofins dans un communiqué.
Muddy Waters, qui détient une position vendeuse sur l’action Eurofins, reproche entre autres au groupe une structure d’entreprise «optimisée pour les malversations». «Au mieux, Eurofins a un actionnaire de contrôle parasite qui siphonne l’argent de la société depuis deux décennies», fustige le fonds, ciblant la famille Martin, à la tête de 32,7% du capital, selon FactSet.
Eurofins observe que ce rapport émane «d’une société qui pourrait potentiellement tirer profit d’une baisse du cours de l’action Eurofins».
«Muddy Waters n’a jamais participé aux événements organisés par Eurofins à l’intention des investisseurs, et n’a jamais eu de contact direct avec Eurofins pour évaluer la justesse ou la pertinence de ses suppositions, hypothèses et déductions, ce qui aurait permis d'éviter la diffusion d’informations inexactes, non pertinentes ou trompeuses et la déformation des faits pour dénigrer de manière malveillante la société et son équipe dirigeante», indique Eurofins.
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Plus de détails à venir
Le groupe français souligne «que la plupart de ces allégations ont déjà été traitées en détail par Eurofins dans de nombreuses publications à la suite de précédents rapports de vendeurs à découvert». Eurofins «fournira en temps voulu des réfutations détaillées et des faits concernant la longue liste d’allégations insidieuses contenues dans le rapport», ajoute-t-il.
«Nous nous sommes engagés et nous nous engagerons toujours à fournir des informations justes et claires. Il m’apparaît donc profondément diffamatoire, et sans doute aussi à nos employés, détenteurs d’obligations, actionnaires et autres parties prenantes, de voir ces accusations sans fondement lancées contre nous. Nous n'épargnerons aucun effort pour que la vérité soit connue de tous», a commenté le PDG d’Eurofins, le Dr Gilles Martin.
«Il reste à analyser si les affirmations de Muddy Waters sont dues à la mauvaise connaissance de notre activité, à la négligence ou à l’intention délibérée d’induire en erreur les investisseurs et les autres parties prenantes d’Eurofins en diffusant sciemment des affirmations et des insinuations fausses», conclut le dirigeant.
Dans une note publiée mardi, Oddo BHF estime que certains points du rapport de Muddy Waters manquent de pertinence et que certains arguments du fonds activiste sont limités par le fait qu’ils s’appuient sur des données difficiles à vérifier et basés sur de nombreux témoignages anonymes.
Certains sujets devront néanmoins être éclaircis par Eurofins, estime l’intermédiaire financier. Selon lui, les deux points les plus importants sont les transactions immobilières entre le groupe, le PDG Gilles Martin et les sociétés rachetées par Eurofins, et la position de trésorerie, avec le reclassement dans les comptes 2023 de 682 millions d’euros de créances et de dettes au titre des comptes de l’année précédente.
Faute de quoi, l'évolution boursière du titre «pourrait être fragilisée sur le moyen-long terme par le risque réputationnel», conclut Oddo BHF.
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