Eurofins est pris en grippe par le marché à cause de résultats et objectifs amers
Grippe boursière pour Eurofins Scientific. Le groupe d’analyse des produits pharmaceutiques, alimentaires et de l’environnement a signé mercredi le plus fort repli du CAC 40, alors qu’il a fait état de résultats annuels et de perspectives 2023 décevants. En clôture, l’action a plongé de 12,1 % à 58 euros, au plus bas depuis deux ans et demi. De quoi provoquer un coup de torchon de 1,6 milliard d’euros de capitalisation boursière effacée en une seule séance.
L’an passé, Eurofins a réalisé un chiffre d’affaires de 6,71 milliards d’euros, stable par rapport à 2021 et globalement conforme à ses prévisions comme à celles des analystes. Mais l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté du dernier exercice s’est révélé inférieur à toutes les anticipations. L’indicateur s’est établi à 1,51 milliard d’euros en 2022, contre 1,90 milliard d’euros en 2021. Les dirigeants d’Eurofins l’attendaient à 1,60 milliard d’euros et la prévision des analystes était de 1,61 milliard d’euros. Eurofins a expliqué faire face à des tensions inflationnistes, aux conséquences de la guerre en Ukraine, à des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et à la contraction de ses activités en lien avec le Covid-19. Ces dernières ont vu leur chiffre d’affaires passer de 1,4 milliard à 600 millions d’euros entre 2021 et 2022.
« Faible », le niveau d’Ebitda ajusté d’Eurofins en 2022 fait ressortir une marge de 22,5%, en baisse de 577 points de base sur un an et inférieure à celle de 23,8% attendue par les analystes, relève Jefferies. Aussi, le bénéfice net par action de 3,43 euros enregistré par le groupe l’an passé se situe 10% en dessous du consensus.
Même désillusion en matière de génération de trésorerie. Le flux de trésorerie disponible d’Eurofins est ressorti à 677 millions d’euros l’an passé, contre 1,14 milliard d’euros en 2021, 900 millions d’euros prévus par les dirigeants et 800 millions d’euros attendus par Oddo BHF. L’augmentation importante des investissements d’Eurofins, pour soutenir sa stratégie de détention en propre des laboratoires, explique cette déconvenue, commente cet intermédiaire financier.
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Une nouvelle feuille de route dégradée
A ces performances passées décevantes, Eurofins ajoute des perspectives bien plus ternes sur le terrain de sa future rentabilité. Pour 2023, les dirigeants tablent désormais sur un chiffre d’affaires compris entre 6,6 milliards et 6,7 milliards d’euros, sur un Ebitda ajusté situé entre 1,35 milliard et 1,40 milliard d’euros et sur un flux de trésorerie disponible s'établissant entre 700 millions et 750 millions d’euros.
Précédemment, le groupe anticipait pour 2023 un chiffre d’affaires de 6,55 milliards d’euros, un Ebitda ajusté de 1,58 milliard d’euros et un flux de trésorerie de 900 millions d’euros.
Des acquisitions à venir
La nouvelle prévision de flux de trésorerie d’Eurofins pour 2023 est inférieure de plus de 20% à son objectif initial et la marge d’Ebitda ajusté de 20,3% implicitement visée se compare à un taux de 23,2% attendu par les analystes, regrette Jefferies. L’intermédiaire financier considère que le consensus devrait diminuer de 13% pour ce qui est de l’Ebitda ajusté d’Eurofins cette année.
S’il déçoit sur ses perspectives, le groupe fondé par Gilles Martin ne surprend pas en revanche sur son appétit de croissance externe. Il vise, en rythme annuel, quelques 250 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires obtenus par les biens d’acquisitions, avec une grille géographique désormais clairement élargie au-delà de la seule Europe.
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