Elliott ne se fixe aucune limite en Europe
Plus aucune entreprise cotée n’est susceptible d’échapper aux foudres d’Elliott. Le fonds activiste s’était déjà illustré en France chez le spécialiste de la logistique XPO, mais en s’invitant chez Pernod Ricard, c’est à un adversaire d’un tout autre calibre qu’il s’est attaqué mercredi. Pernod Ricard est le champion national par excellence, à la fois entreprise familiale et pilier du CAC 40 dont l’ancien patron, Pierre Pringuet, a longtemps présidé l’Afep, le puissant lobby des grands groupes privés français. Pour servir sa cause, Elliott a d’ailleurs cru bon de faire appel à une autre figure de l’establishment, Alain Minc.
Créé par l’américain Paul Singer, le fonds a aujourd’hui les moyens de secouer les managements les mieux établis. Les 2,5% qu’il a pris au capital de Pernod Ricard représentent une mise de départ supérieure à 900 millions d’euros. Des tickets d’une telle taille ne sont pas rares pour Elliott, qui revendique un total de 35 milliards de dollars d’encours gérés dans le monde, aussi bien dans des stratégies actions activistes que dans d’autres classes d’actifs comme la dette privée. Le fonds multiplie désormais les campagnes en Europe, un continent où l’activisme actionnarial ne cesse de gagner du terrain. En Italie, il se livre à un duel sans merci avec Vivendi pour le contrôle de Telecom Italia ; en Allemagne, associé à son confrère Cevian, il a forcé le conglomérat Thyssenkrupp à scinder ses activités ; toujours outre-Rhin, on le dit prêt à passer à l’offensive chez le chimiste Bayer, fragilisé par le rachat du semencier Monsanto.
Bref, Elliott est sur tous les fronts, et cela lui vaut aussi son lot de déconvenues, comme aux Pays-Bas l’an dernier : le fonds voulait pousser le fabricant de peintures Akzo Nobel à se marier avec l’américain PPG, mais a échoué dans sa tentative. Les risques du métier pour un fonds activiste.
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