EDF a besoin d’un plan de route financier global
Sur le papier, EDF a franchi une étape importante dans le bouclage du dossier d’Hinkley Point en Grande Bretagne, avec l’engagement de l’Etat de le recapitaliser si nécessaire.
Fort de l’engagement pris hier par Emmanuel Macron d’une décision d’ici début mai, le Pdg d’EDF Jean-Bernard Lévy va pouvoir justifier de lancer le projet des EPR britannique qui met sous tension le personnel, direction comprise, et les investisseurs.
Pour les rassurer, le mois et demi qui vient doit être mis à profit pour éclairer l’équation financière à moyen terme du groupe, en jouant à la fois sur le bilan et le compte d’exploitation.
Côté compte d’exploitation, le cash flow d’EDF va dépendre de deux éléments qu’il ne maîtrise pas : l’évolution des prix de marché de l’électricité, très défavorable, et l’allongement de la durée de vie de ses centrales qui dépend de l’autorité de sûreté nucléaire et impacte ses prix de revient.
L’entreprise devra certes réduire ses coûts par ses efforts propres mais un engagement de l’Etat enfin respecté sur l’évolution de ses tarifs serait crucial.
En dépendra le consolidation à prévoir du bilan.
L’Etat pourra choisir d’y contribuer par une augmentation de capital pure et dure, difficile à mettre en œuvre, ou plutôt par un versement pluriannuel du dividende en titres ou une une cession partielle du capital de RTE, la filiale d’EDF en charge du réseau de transport d'électricité.
Une dizaine de milliards paraît un minimum pour contrebalancer le surcroît d’endettement résultant du chantier britannique.
Le seul versement du dividende en titres sur 5 ans suffirait à faire l’essentiel du chemin pour éviter une dégradation de la notation financière d’EDF, très dommageable à son bilan.
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