David Layani jette l'éponge dans le dossier Atos, Daniel Kretinsky revient
Coup de tonnerre. Le repreneur désigné d’Atos se retire des discussions. Le groupe Onepoint, fondé par David Layani, ainsi que ses alliés Butler Industries et Econocom ont indiqué le 25 juin abandonner leur projet de participer à la restructuration financière de la société. La faute à de nouveaux besoins de financement qui auraient émergé depuis le choix du consortium Onepoint, dont les nouvelles exigences auraient été rejetées par les créanciers.
Dans la foulée, Atos indique avoir reçu de la part du comité représentatif de ses créanciers obligataires «une proposition globale de restructuration financière révisée pour satisfaire la demande de liquidité à court et moyen terme du groupe». Des discussions se poursuivent concernant cette offre, y compris «avec certaines banques» de l’entreprise et un accord de principe pourrait être obtenu cette semaine.
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Retour de Daniel Kretinsky
De nouveaux rebondissements ne sont toutefois pas exclus car la société précise avoir reçu un courrier de la part de Daniel Kretinsky «réitérant son intérêt pour participer à [la] restructuration financière». L’homme d’affaires tchèque qui a récemment repris Casino et est en passe de racheter Royal Mail au Royaume-Uni avait vu son offre écartée au profit de celle de David Layani il y a quelques semaines.
Dans sa lettre, la société EPEI de Daniel Kretinsky, qui signe seule et non plus avec le fonds Attestor, précise être prête à soumettre une nouvelle offre révisée à condition qu’elle obtienne plus d’informations sur la situation actuelle de l’entreprise et sur les projets de cessions en cours. Elle souhaite également pouvoir prendre contact avec les principaux clients d’Atos afin de les rassurer sur l’avenir du groupe.
Dans ce cadre, l’homme d’affaires tchèque est prêt à laisser les créanciers bancaires et obligataires à injecter des fonds propres chez Atos et à monter jusqu'à 49% du capital. Dans la proposition initiale formulée par EPEI et Attestor, les créanciers ne devaient hériter que de 1% du capital.
Selon un calendrier indicatif, Atos envisage qu’un accord de «lock up» soit conclu avec ses créanciers dans la semaine du 8 juillet et qu’un accord définitif de restructuration financière soit mis en œuvre via une procédure accélérée à partir de la semaine du 22 juillet.
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Le temps presse
Car le nouveau rebondissement du forfait du consortium mené par Onepoint complique, jusqu’à le compromettre, le calendrier du plan de structuration. Le groupe de services numériques était entré dans une phase de conciliation le 26 mars dernier pour une période de quatre mois, c’est-à-dire jusqu’à fin juillet, prolongeable un mois sur décision du tribunal de commerce.
Or, un tel délai supplémentaire ne peut en principe être accordé que pour faciliter le formalisme d’un accord de restructuration qui aurait déjà été ficelé. Sans accord de conciliation regroupant candidat à la reprise et créanciers, Atos serait contraint à basculer vers une procédure plus rigide avec la nécessité d’un dépôt de bilan. Un scénario extrême que nombre de parties prenantes souhaitent toujours éviter.
Quel que soit l’accord final, les actionnaires actuels d’Atos ne devraient pas être épargnés et seront massivement dilués, leur poids au capital devant tomber sous 0,1% après la restructuration.
Le groupe informatique indique par ailleurs avoir finalisé avec l’Etat la négociation «d’une convention visant à protéger les intérêts de souveraineté de l’Etat français au titre de certaines activités exercées» par Atos. Celle-ci prend la forme d’une action de préférence émise par la filiale Bull au profit de l’Etat et prévoit «un droit pour l’Etat français d’acquérir des activités souveraines sensibles en cas de franchissement par un tiers du seuil de 10% ou d’un multiple de 10% du capital ou des droits de vote d’Atos ou de Bull».
Vers 12h30, l’action Atos évoluait en légère baisse de 0,7% à 1,19 euro, après avoir ouvert en baisse de plus de 10%. Depuis le début de l’année, le titre a perdu environ 80% de sa valeur.
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